Saint-Laurent du Maroni

Adaptation des rythmes scolaires: Lettre ouverte de Léon BERTRAND au ministre Vincent PEILLON


Après l'émoi provoqué au sein des différents syndicats, Dennis ROLLAND a déclaré qu'aucune double vacation ne sera expérimentée dès janvier 2013 à Saint-Laurent du Maroni. Désavoué par le recteur de l'académie de Guyane, Léon BERTRAND maire de Saint-Laurent du Maroni a adressé une lettre au ministre de l'éducation nationale Vincent PEILLON.

Monsieur le Ministre,

Monsieur le recteur de l’académie de la Guyane, m’informe qu’il n’entend pas poursuivre les travaux que nous avons officiellement engagés pour expérimenter la possibilité de scolariser deux classes dans une même salle de cours.

Ce soudain changement de position, serait la conséquence d’une intervention de votre administration centrale dont nous ignorons la teneur, la forme et le timbre.

Aussi, au regard de la nécessité pour la Commune de Saint-Laurent du Maroni à trouver, en concertation avec toutes les parties concernées, des solutions adaptées aux problématiques de très forte croissance de la démographie scolaire et en l’absence d’informations quant aux prétendues motivations ministérielles qui fondent l’arrêt des travaux, je me permets par la présente d’attirer votre attention sur des éléments saillants de la situation scolaire à Saint-Laurent du Maroni.

Tout d’abord Monsieur le Ministre, il est nécessaire de rappeler que la commune connaît depuis plusieurs années un taux de croissance démographique annuel supérieur à 8% qui engendre quelques 1000 nouvelles inscriptions chaque année. Cette situation atypique se traduit notamment par un très fort besoin en termes de nouveaux locaux (nécessité de construire une école par an) ainsi que par un accroissement inévitable des transports scolaires.

Par ailleurs, je vous rappelle qu’il y a toujours à Saint-Laurent du Maroni des enfants non scolarisés qui faute de places se trouvent privés de leur droit à l’instruction, alors que la Guyane est un « département Européen » en Amérique du Sud.

De même Monsieur le Ministre, il faut également considérer que nos écoles du cycle élémentaire fonctionnent depuis 20 ans sous le régime de la « journée continue », qui faute d’évaluation n’a pas permis d’apporter d’amélioration à la situation scolaire de notre Commune.

Sur ce bref constat, vous comprendrez, Monsieur le Ministre notre attachement à défendre notre projet de « double vacation » dont la mise en œuvre comporte des difficultés que nous n’ignorons pas, mais qui est également porteur de solutions et de perspectives telles que :

* La possibilité de scolariser en proximité par le doublement des capacités d’accueil d’un établissement,

* La possibilité de réduire le besoin en transport scolaire,

* La possibilité de scolariser tous les enfants,

* La possibilité de réduire le nombre d’enfants par classe,

* La possibilité d’envisager une scolarisation précoce des enfants,

* La possibilité de supprimer les classes provisoires hébergées dans des « bungalows » implantés dans les cours de récréation et de retrouver les espaces nécessaires à une vie scolaire apaisée,

* La possibilité de réaffecter les crédits consacrés à la construction de bâtiments utilisés à 50% à l’amélioration des bâtiments existants et à l’équipement des salles de classes,

* La possibilité de retrouver au sein des écoles des espaces pour les activités périscolaires,

* La possibilité de réduire les risques de vandalisme des écoles inoccupés les après-midi.

Ces avantages doivent être considérés, ils peuvent contribuer efficacement à la réussite éducative de nos enfants, sans pour autant alourdir démesurément les charges supportées par les collectivités.

Enfin, Monsieur le Ministre, je tiens à vous faire part de ma déception quant à la manière d’écarter a priori tous débats sur ce sujet alors même que le Sénateur Maire de Mana, le Président du Conseil Général de la Guyane, le Recteur de la Guyane se sont engagés en faveur d’une expérimentation et que mon équipe défend ce projet depuis de longues années.

Cette remise en cause par le niveau national d’une démarche locale, si elle est avérée, me parait relever d’une autre époque. Elle discrédite par ailleurs, la démarche de concertation que vous avez-vous-même souhaité engagé pour la refondation de l’école de la république.

J’espère, Monsieur le Ministre, qu’il vous sera possible d’entendre nos arguments, de respecter l’engagement des acteurs locaux et de nous accompagner pour que la question de la scolarisation à Saint-Laurent du Maroni et plus généralement dans l’Ouest de la Guyane, soit abordée sans mal entendus, ni procès d’intention ou arrières pensées.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération.



Le Maire

Léon BERTRAND.


Affaire à suivre...
1 Novembre 2012 - écrit par M.F.


              






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