Saint-Laurent du Maroni

Braderie de faux papiers à la sous-préfecture de Saint-Laurent ?

Une Saint-Laurentaise et une agent du service des étrangers ont comparu le 13 mars dernier pour trafic de faux documents en faveur des étrangers en situation irrégulière. Le parquet a demandé de la prison ferme ; leurs avocats, la relaxe. Verdict dans deux mois.


Braderie de faux papiers à la sous-préfecture de Saint-Laurent ?
Suffisait-il de payer 1 500 euros, d’octobre 2001 à octobre 2004, pour obtenir des cartes de séjour à la sous-préfecture de Saint-Laurent ? Une Saint-Laurentaise était jugée hier. Elle est accusée d’avoir perçu 75 000 euros pour appuyer les demandes de clandestins auprès du service des étrangers. Sa co-accusée travaillait dans ce service et est accusée d’avoir facilité l’acheminement de ces dossiers.
L’enquête a démarré par l’audition d’un étranger en situation irrégulière. Aux fonctionnaires de la Police aux frontières (Paf), il a déclaré avoir transmis 1 800 euros à Marie-Chantal D., 37 ans. À charge pour la Saint-Laurentaise de l’aider à obtenir le droit de rester en Guyane. L’enquête a démontré qu’elle était en relation étroite avec la fonctionnaire de la sous-préfecture, Daniella C., 40 ans, aujourd’hui reclassée à l’accueil.
Chez Marie-Chantal D., les enquêteurs ont trouvé de nombreux dossiers avec des noms de clandestins et des sommes en face. Tout était noté : acomptes, restes à payer, soldes. Sur son compte en banque, les enquêteurs ont découvert environ 75 000 euros de versements en liquide, en trois ans. Certains mois, elle déposait plus de 5 000 euros.

Blanchiment au rouge à lèvres ?

Son amie à la sous-préfecture a-t-elle bénéficié de l’affaire ? Elle a indiqué n’avoir reçu aucune « contrepartie financière directe ». Indirecte, peut-être. Elle revendait des produits cosmétiques — ce qui est illégal pour une fonctionnaire. Elle touchait une commission. Et parmi ses bonnes clientes, on retrouve Marie-Chantal D !

Mardi dernier, la procureur Catherine Fransois a dénoncé « un joli petit business ». Elle a requis deux ans de prison ferme contre Marie-Chantal D.et la même peine, avec une part de sursis, pour la fonctionnaire. Me Michel Quammie, qui défendait cette dernière, a plaidé la relaxe. Il estime qu’elle n’a fait que transmettre les dossiers à ses supérieurs, chargés d’attribuer ou non les cartes de séjour. Me René Kherousse a demandé la relaxe de Marie-Chantal D. Pour l’avocat, les sommes encaissées par sa cliente correspondent aux dossiers qu’elle avait montés pour des demandes de logement social, ce qui était son travail. Verdict le 4 mai.
16 Mars 2007 - écrit par Source France-Guyane P.-Y. C.


              







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