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Cheung-A-Long et Le Navennec restent en prisonLes deux proches de Léon Bertrand avaient fait appel de leur placement en détention provisoire, le 1er décembre. La chambre de l'instruction a confirmé hier soir leur maintien en prison.
Dans le « système Bertrand » décrit par l'un des témoins clés de l'enquête, Guy Le Navennec et Richard Cheung A Long auraient actionné la « pompe à fric » . Le premier se trouvait aux manettes de la Senog (société d'économie mixte de l'Ouest guyanais), avec qui la CCOG (communauté de communes de l'ouest guyanais) aurait passé une douzaine de marchés irréguliers. Ce qu'il nie. Le second, directeur de cabinet de l'ex-secrétaire d'Etat au tourisme, était aussi chargé de collecter les fonds pour les campagnes électorales de Léon Bertrand. « Le problème, c'est que la campagne électorale durait toute l'année » , a souligné l'avocat général. L'enquête a en effet mis au jour un flux financier permanent, en espèces qui plus est.
Risques de pression et de concertation
Mais hier après-midi à la cour d'appel de Fort-de-France, la question n'était pas de juger de leur culpabilité. Les magistrats de la chambre de l'instruction devaient déterminer si oui ou non, ces deux maillons d'un système encore opaque - poursuivis pour « favoritisme, corruption passive et prise illégale d'intérêts » - devaient rester en détention provisoire ou être remis en liberté.
Me Jean Jean-Joseph, du barreau de Paris, a défendu la cause de Richard Cheung A Long. Tandis que le bâtonnier de Guadeloupe, Charles J. Nicolas, s'est exprimé pour Guy Le Navennec. Tous deux ont minimisé l'influence de leurs clients « cités une ou deux fois » dans une enquête de plusieurs centaines de pages. « Richard Cheung A Long s'est acheté une Porsche, certes. Célibataire et sans enfant à charge, il m'a confié qu'il économisait jusqu'à 7 000 euros par mois sur son salaire de directeur de cabinet. Il s'est enrichi, oui! Mais par le fruit de son travail » , a argué Me Jean-Joseph. Même argument du côté de Guy Le Navennec : « Dans ce dossier, ce qui dérange, c'est l'argent que gagne mon client... Jusqu'à 240 000 euros par an. Mais il ne faut pas oublier que cet homme a été recruté pour liquider la Senog, à 50 000 euros par an. C'est parce qu'il a, au contraire, fait prospérer cette société qu'il a été augmenté d'année en année, grâce à ses bons résultats ». Plus que leur train de vie, la justice semble reprocher à ces deux hommes leur proximité avec Léon Bertrand. L'un est son cousin, l'autre a épousé son ex belle-soeur. Pour éviter toute pression sur des témoins, et éloigner les risques de concertation, la cour a décidé que ces deux hommes ne passeraient pas les fêtes en famille, comme l'avaient demandé les avocats. La semaine prochaine, le recours de Léon Bertrand sera lui aussi examiné. Samedi 12 Décembre 2009
L. M.-M. Source France-Guyane 12.12.2009
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