Saint-Laurent du Maroni

Empoignade comptable à Maripa-Soula

La réunion du conseil de la communauté des communes de l'Ouest guyanais qui s'est tenue vendredi à Maripa-Soula a été marquée par une hostile joute verbale entre le président Léon Bertrand et le sénateur-maire de Mana Georges Patient autour du rapport alarmant de la chambre régionale des comptes.


Empoignade comptable à Maripa-Soula
Il suffit de peu de chose pour qu'une ambiance cordiale cède la place à un climat d'hostilité. Un mot, parfois. Ainsi, quelques minutes à peine après s'être félicité que la communauté des communes de l'Ouest guyanais (CCOG) accueille en son sein un sénateur, le président de la CCOG Léon Bertrand s'est embarqué dans un débat des plus vindicatifs. Son contradicteur n'étant autre que le sénateur précité, en l'occurrence le maire de Mana Georges Patient. Objet de l'empoignade : le rapport de la chambre régionale des comptes, des plus accablants quant à la gestion financière de la CCOG.

"Dérive" est le mot qui a mis le feu aux poudres. Un terme qui apparaît, au même titre que "dérapage", dans le rapport, et que Georges Patient reprend à son compte. Léon Bertrand bondit. "La chambre régionale des comptes est composée de magistrats qui ont une vision réglementaire de la gestion d'une collectivité, explique-t-il. Une dérive de gestion, c'est par exemple la prise en charge des billets d'avion des élus pour tenir cette réunion à Maripa-Soula. Dois-je le faire ou pas ? C'est la différence entre un politique et un technicien. Moi je suis élu pour faire de la politique, et pour aménager mon territoire qui se trouve dans une situation compliquée, ma volonté politique doit s'affirmer pleinement. Sinon on n'a pas besoin d'être là et on se réunit juste pour valider. Même si parfois je dépasse mes compétences, j'estime que mon pays a besoin de personnes qui aient des couilles pour faire avancer les choses." Réplique immédiate du sénateur-maire : "On emploie des arguments simplistes, on fait des mots pour épater la galerie, si c'est ça faire de la politique..." Boulangerie de Saul, bâtiment de Biométal, chaque dossier épineux est avancé sur le tapis. Georges Patient, secondé par Albéric Benth, conseiller représentant la commune de Mana, réclament des explications. Répondant d'abord sur un ton relativement pédagogique, voire professoral, Léon Bertrand hausse le ton et refuse d'endosser seul les responsabilités.

"J'aurais aimé que les critiques soient constructives, lance-t-il. Tout ce qui a été réalisé par la CCOG ne l'a pas été par le seul Léon Bertrand. La Chambre précise qu'il n'y a pas eu de malversation. J'estime donc avoir joué mon rôle de politique." La position adoptée par l'ancien ministre du tourisme agace Georges Patient, qui ironise : "Ce rapport est rédigé par des juges qui sont garants de la réglementation, mais ils disent n'importe quoi et on n'a plus qu'à vous écouter si je comprends bien." Parachuté au poste de vice-président par son maire et désormais président, le Saint-Laurentain Jocelyn Madeleine vole au secours de Léon Bertrand : "Le rapport date de 2005, donc ça ne veut pas dire qu'on est dans la même situation aujourd'hui. et puis ce n'est pas uniquement le président qui a pris les décisions." Sophie Charles, déléguée de Saint-Laurent, s'étonne : "J'ai l'impression que certains élus découvrent la situation à la lecture de ce document...

Les interventions se poursuivent mais comme le fait remarquer le maire de Papaïchton Richard Lobi, "On tourne en rond". Au point que ce dernier menace de quitter la salle. Sans effet. "Toutes les opérations de la CCOG ont fait l'objet d'un débat et d'une délibération, rappelle Léon Bertrand. Vous le savez très bien, monsieur le maire de Mana, vous qui avez aussi été président." Georges Patient répond par la lecture d'un passage du rapport qui précise que "la fiabilité des comptes et la sincérité des prévisions budgétaires doivent être améliorées". Et de lancer : "Mais c'est de la politique, la CCOG marche très bien, les comptes sont parfaits, tout est ok. Haranguer la foule c'est une chose, mais assurer une gestion en est une autre."
En fait de débat, l'auditoire de Maripa-Soula a eu droit à un affrontement de plus d'une heure. Qui s'est achevé sans véritable avancée.
17 Octobre 2008 - écrit par T.F Source France-Guyane


              






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