Saint-Laurent du Maroni

Guyane et Suriname débattent de l'avenir de la ligne Saint-Laurent - Albina.


Guyane et Suriname débattent de l'avenir de la ligne Saint-Laurent - Albina.
Le franchissement du Maroni était le principal point à l'ordre du jour du comité de suivi du Programme opérationnel Amazonie (PO Amazonie) qui s'est réuni jeudi dernier à Cayenne. Représentants de la Guyane, de l'État français et du Suriname ont fait le point sur une situation amenée à évoluer après l'achat d'un nouveau bac par le Suriname.
L'annonce avait été faite le 17 février dernier lors d'une précédente réunion à Paramaribo. Le Suriname y présentait alors ce fameux bac en provenance d'Allemagne, prévu pour transporter une trentaine de voitures ou du fret. Cette embarcation n'est, en revanche, pas équipée pour transporter des passagers à pied ni les matières dangereuses.

Le Suriname proposait donc que ce bac, géré par lui, soit consacré au transport de fret tandis que la Gabrielle, gérée par la France, continuerait de transporter les passagers. Cette proposition de répartition des tâches n'est pas au goût de tous et a été l'occasion de quelques pics diplomatiques lors de la réunion de jeudi dernier.

Présidant la réunion pour la Région Guyane, Rémy-Louis Budoc réclamait un système « win-win » . « Il serait dommage qu'on ait un bac surinamais bénéficiaire et un bac français déficitaire » , lançait le conseiller régional, rappelant l'exploitation coûteuse de la Gabrielle : 800 000 euros pour un chiffre d'affaires de 225 000 euros.

La France et la Guyane réclament donc une gestion commune de l'ensemble de la ligne Saint-Laurent - Albina. En réponse, le consul du Suriname en Guyane, Edgar Dikan, regrettait que cette coopération réclamée par son voisin n'ait pas été effective ces 18 dernières années, « mais on ne va pas regarder le passé, mais plutôt l'avenir, » concluait le consul, non sans avoir rappelé que « nous sommes en train de mettre en place une situation qui existait il y a quarante ans où de nombreuses personnes traversaient le Maroni sur un bac d'une grande capacité. »

SIX MOIS POUR SE DÉCIDER

Guyane et Suriname débattent de l'avenir de la ligne Saint-Laurent - Albina.
La nécessité de développer à nouveau la ligne fluviale entre les deux pays a été mise en exergue par une étude menée en 2011 par la CCIG en partenariat avec la société maritime surinamienne.

Cette étude s'est basée sur les projections de développement du franchissement du Maroni en vue de la nouvelle route Albina - Paramaribo qui doit être achevée début 2013.

Elle conclut notamment aux développements du nombre de passagers et de l'utilisation du bac par les véhicules légers. En conclusion, trois solutions étaient proposées : conserver la Gabrielle mais multiplier les rotations, utiliser un bac intermédiaire de 80 places, ou utiliser un bac d'une capacité de 120 passagers ou 24 véhicules.

L'arrivée du bac surinamais offre une quatrième possibilité, celle d'une exploitation à deux bacs. Celle-ci dépendra notamment de la capacité du bac surinamais à respecter les réglementations françaises et des accords trouvés sur une gestion commune.

Le groupe de travail franco-surinamien devra aussi se pencher sur les aménagements à réaliser sur les deux berges et devra débattre des conditions d'exploitation de la future ligne. Seront alors discutés le tarif, la fréquence des rotations ou encore la continuité du service public. Autant de décisions qui doivent être prises avant la fin de l'année.

- 1 million d'euros de l'Europe

Guyane et Suriname débattent de l'avenir de la ligne Saint-Laurent - Albina.
Dans le cadre du PO Amazonie, 1 million d'euros de fonds européens (Feder) sont réservés au développement et à la modernisation de la ligne fluviale Saint-Laurent - Albina. Pour l'heure, seuls 118 000 euros ont été dépensés pour la réalisation de l'étude menée en 2011 par la CCIG.Celle-ci prévoit notamment des aménagements portuaires sur les deux rives du Maroni afin d'accompagner le développement du transport de fret. Réunis à Paramaribo en février dernier, Guyane et Suriname ont lancé un groupe de travail bilatéral et projeté d'utiliser les 882 000 euros restants des fonds Feder avant fin 2012. Ce qui sous-entend que les deux parties projettent le lancement des chantiers d'ici la fin de l'année. Sur les berges, de nouveaux pieux et une cale doivent être aménagés à Albina. Une cale doit également voir le jour à Saint-Laurent où un cahier des charges doit être défini en fonction des caractéristiques du nouveau bac surinamais.

REPERES

La Gabrielle date de 1973
Propriété du Conseil général, elle est armée par la Deal. D'une longueur de 20 mètres pour 5 mètres de large avec un tirant d'eau d'1 mètre, elle peut accueillir jusqu'à 50 passagers piétons. Elle est agréée pour le transport de matières dangereuses. Ces dernières années, elle transporte de plus en plus de voitures et de moins en moins de piétons.

Le bac surinamais vient d'Allemagne.
Il date de 1954. Deux fois plus grand que La Gabrielle, il mesure 42,50 mètres de long sur 12 mètres de large avec un tirant d'eau d'1,20 mètre. Il ne comporte aucun aménagement pour les piétons mais peut transporter jusqu'à 33 voitures. Il est actuellement en cours d'acheminement vers le Suriname.

Guyane et Suriname débattent de l'avenir de la ligne Saint-Laurent - Albina.
18 Juillet 2012 - écrit par © A.S.M Source France-Guyane


              







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