Saint-Laurent d
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Interculturalité:un atout pour l'intégration.

Lorsque deux communautés de forte altérité culturelle très différentes comme les passés historiques, les croyances religieuses, les traditions, les coutumes, et les langues sont confrontées, alors se pose la question de l’Interculturalité.


Les causes de l’affrontement

Ne pas accorder au temps le même prix, ne pas vivre au même rythme, être de culture monochronique c'est-à-dire prendre en considération qu’une chose à la fois pour les uns, polychronique pour les autres, peut engendrer contrariété, impatience et tension. Si nous ne tenons pas compte des structures de chaque culture et réagissons selon nos propres codes, nous commettons des erreurs de jugement, créons des malentendus et parfois des conflits sans vraie raison. Dans ce cas le choc culturel peut être mal supporté par certains au point de les conduire au rejet du « vivre ensemble », et au refus de la proximité. Ainsi naît le désir de quitter le quartier d’habitation, entraînant, s’il se généralisait, le risque de ghettoïsation et de discrimination jusqu’à la révolte et à l’incivilité.

En effet les relations interculturelles sont en étroite relation avec les valeurs de civilité. On ne peut vivre ensemble sans un minimum de civilité, et des incivilités graves ou soutenues peuvent créer des tensions et même conduire à des drames. Souvent la crise de l’emploi vient offrir prétexte à combinaison de xénophobie et de racisme. Alors quand l’on se croise il faut apprendre à bien se parler dans un esprit d’ouverture et sans obstacle. Ceci doit permettre une écoute réciproque et faciliter le dialogue.

Interculturalité:un atout pour l'intégration.
Chaque communauté, chaque groupe à un mode de vie et de comportements dont la singularité tient compte des valeurs d’ordre familial et social. Elles sont considérées comme très importantes pour l’être humain quelque soit sa culture. Toutes les communautés humaines s’y montrent profondément attachées. Elles se manifestent avec un relief particulier dans les grands moments qui ponctuent le cours de la vie, tels les rites de la naissance et de la mort ou les cérémonies festives des initiations et des mariages.

La diversité est richesse et pourtant on ne peut nier que certaines différences sont à l’origine de profondes divergences. Chaque groupe humain se veut, respectueux de ses coutumes et de ses traditions, fidèle à sa religion. Quand une communauté culturelle, estime que ses valeurs fondamentales sont en jeu, elle voudra à tout prix les conserver même si ses pratiques et ses comportements sont jugés inadmissibles par une autre.
Dans ces conditions le choc culturel provoque des reculs, une forte résistance, un refus total au dialogue qui prend alors l’allure d’une compromission inacceptable.

Interculturalité:un atout pour l'intégration.
Les solutions individuelles

La tolérance est difficile quand elle n’est pas éclairée. Comment tolérer ce qui est perçu comme réellement intolérable ? Exigée par le « vivre ensemble » la tolérance est plus difficile à faire régner, parce qu’elle touche à ce que les uns et les autres estiment devoir penser et faire. Elle est authentique quand elle doit faire reconnaître et admettre ce qui chez l’autre est réellement différent.

L’hostilité à l’égard de l’inconnu n’est ni naturelle ni universelle, mais dépend du processus de socialisation.

On peut éviter la séparation des groupes dont naît l’hostilité en favorisant l’échange et la communication. La communication et l’échange sont donc bien la condition première de la compréhension réciproque.

En effet, les cultures doivent leur persistante vitalité et leur créativité grâce à la communication entre elles et à l’esprit d’ouverture aux autres cultures. La compréhension mutuelle et le dialogue sont impossibles, sans cet esprit d’ouverture qui doit conduire vers une fréquentation continue et soutenue de l’autre. Ainsi l’expérience acquise va peu à peu éclaircir le sens vrai des différences et diminuer la difficulté à communiquer.
L’idée de l’égalité est une valeur absolue et universelle car elle ne dépend ni du lieu ni du moment et elle est reconnue à tout homme pour sa qualité d’homme. Considérer l’autre comme son égal prédispose à l’écoute réciproque et aux échanges entre communautés culturelles différentes. Ainsi tout homme a droit, quelles que soient les modalités concrètes de son existence, de son appartenance culturelle au respect de sa vie, de sa dignité, et de sa liberté.


Les solutions politiques

La culture représente aujourd’hui un enjeu d’autant plus sensible qu’elle se manifeste dans un contexte de crise des sociétés modernes.
Elle remet en question les formes classiques de l’Etat-nation. Les exigences des revendications d’appartenance culturelle au sein d’un Etat, deviennent politiques lorsque la totalité de ces cultures hétérogènes ne peuvent s’articuler harmonieusement dans un même ensemble politique.
Il se pose alors la question identitaire qui doit présider au type de société vers laquelle on souhaite tendre. L’Etat doit élaborer des passerelles entre ces différentes composantes culturelles.
Une société basée sur une forte dynamique interculturelle semble être une des voies possibles pour réduire les inégalités et permettre un développement harmonieux. Cette voie vers l’Interculturalité sous-entend la nécessité d’avoir des images, des conceptions et des représentations justes et claires des différentes communautés. L’objectif est de connaître l’autre tout en développant un sentiment d’appartenance au même peuple et à la même nation.

Très récemment la loi pour la cohésion sociale dite « loi BORLOO » a jeté les jalons d’une société d’égalité sociale qui devrait aboutir à une société plus juste .Cette loi dispose en son article 128 les dispositifs de réussite éducative avec des actions d’accompagnement au profit des élèves du premier et du second degré et de leurs familles, dans les domaines éducatif, périscolaire, culturel, social ou sanitaire. La promotion de l’égalité des chances aura certainement un impact positif sur les différentes communautés composant la société française.

Plus que jamais, il est nécessaire de réussir le pari de l’école. Car l’école est un vecteur de socialisation, et une valeur de réussite. Cette socialisation doit jouer un rôle plus particulier en ce sens qu’elle doit amener les élèves à une meilleure connaissance de l’autre, donner du sens aux valeurs de l’école afin de valoriser les cultures propres de ces apprenants. L’école de la réussite doit permettre aux élèves de se promouvoir socialement en leur donnant la possibilité d’acquérir le savoir et la compétence qui doivent les conduire vers l’emploi qualifié. Ces deux éléments sont des objectifs majeurs à atteindre en particulier dans les zones pluriculturelles, pour que l’école cesse d’être « l’école de l’échec » vécue comme un échec pour les élèves et un échec professionnel pour les maîtres.

Un exemple : La Guyane
De ce point de vue, la Guyane est un terrain d’observation et pourrait beaucoup nous apprendre. Avec un peu moins de 200.000 habitants, elle est certes une des régions françaises les moins peuplées. Mais quelle diversité ! Amérindiens wayanas, oyampis ou Galibis ; Créoles et Bushinengue ; Chinois, Laotiens et Syro-libanais ; Sainte-Luciens, Haïtiens et Brésiliens ; métropolitains, enfin : tout ce monde a l’air de vivre dans une parfaite harmonie que nous envieraient beaucoup d’autres sociétés pluri-ethniques.
Et pourtant …..
Ici la France se nomme diversité.
La Guyane se nomme diversité et nous devons faire prospérer cette richesse en recherchant résolument l’unité. En faisant mieux vivre l’égalité des chances et l’esprit de tolérance. En menant résolument le combat pour la pluriculturalité. En nous rassemblant autour des valeurs qui ont fait et qui font notre nation libre, égalitaire et fraternelle.

Interculturalité, intégration :
Deux mots qui évoquent la vocation plusieurs fois séculaire de notre nation. Terre d’idées et de principes, la France est une terre ouverte, accueillante et généreuse. Mais deux mots qui évoquent aussi certains défis très actuels pour notre société, et en particulier la lutte contre le communautarisme.

L’Interculturalité peut-elle être une solution pour un état plus
égalitaire ?
« Égalité », c’est justement ce mot, inscrit en lettres d’or au fronton
de nos édifices publics, qui forme le pont entre la problématique
de la condition humaine et « l’interculturalité, un atout pour
l’intégration ».

Il convient donc d’aimer l’autre qui peut engendrer en nous une
troisième personne, l’esprit.
Cet esprit doit s’enrichir de nos différences pour converger vers
l’universel et
prendre tout au long de notre existence l’allure du manteau
d’Arlequin car tout apprentissage consiste en métissage :
nous sommes tous des métis!
29 Juin 2006 - écrit par Rollin BELLONY


              

Commentaires

1.Posté par tijé le 11/07/2006 01:19
Roulo-Bravo pou mouché Bellony ké tout so lékip "pirogue humanitaire", mo kontré ké yé sanmdi atè marché Kamalakuli.
Vayan, ils font honneur au "Serment d'Hipocrate".
Et tant pis pour les esprits chagrins
de certains
"médecins"
citadins.





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