Saint-Laurent d
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

« Kokolampoe » illumine le Camp de la Transportation.

La foule des grands soirs se pressait samedi dernier devant les portes du Camp de la Transportation afin d’inaugurer la scène conventionnée « Kokolampoe ». Un premier spectacle proposé au public par la compagnie KS&Co, « Pas de quartier », est emmené par la « Compagnie du Voile déchiré ». Une heure trente de pur bonheur pour un spectacle de qualité où se mêlaient avec harmonie chants, danses et musiques, le tout sur fond de vidéo-projection. Un spectacle engagé aussi qui donne le ton de ce que sera la programmation de l’année, entre racines et métissages de la Caraïbe.


« Kokolampoe » illumine le Camp de la Transportation.
Le public était au rendez-vous samedi, accueilli par des ouvreuses qui le guidaient parmi les rangées de chaises. Un accueil très professionnel qui annonçait déjà une soirée de prestige. Et c’est même à l’heure, à 19 h 30, que mademoiselle Ewlyne Guillaume est montée sur scène pour lancer la soirée. Cela fait près cinq ans qu’elle et son compagnon Serge Abatucci sont arrivés à Saint Laurent pour y développer les arts du spectacle vivant. Une Résidence d’artistes, « la case KS and Co » qui aboutit aujourd’hui à une scène conventionnée par l’Etat. Et beaucoup de belles promesses dans la programmation à venir (voir le programme). Le lieu se veut ouvert au monde tout en étant ancré dans la Caraïbe et les Guyanes. Des choix judicieux qui mettront en valeur un théâtre du métissage et construiront des réseaux d’échanges à partir de notre commune.
Cette belle aventure est saluée par les officiels, M. Léon Bertrand, maire de Saint Laurent, et M. Jean-Jacques, sous-préfet de Guyane. Tous deux soulignent l’importance du moment : une page se tourne à Saint Laurent du Maroni, dans le Camp de la Transportation, jadis lieu de réclusion et de douleur, qui devient désormais un lieu ouvert où la liberté d’expression s’impose.

« Kokolampoe » illumine le Camp de la Transportation.
« AFRICA » se détache en toutes lettres sur le fond de la scène. Le spectacle commence : l’histoire d’un continent, d’hommes et de femmes, liés à la France, cette « mère patrie » parfois oublieuse et ingrate. La pantomime de l’homme politique sanglé dans son écharpe tricolore a d’ailleurs remporté un vif succès…un politicien marionnette malmené par la jeunesse.
Une dizaine de tableaux proposés aux spectateurs, depuis la « Grande guerre » de 14/18 à ces histoires de migrants qui arrivent en France et qui s’y perdent, en passant par les tirailleurs sénégalais, les enfants des colonies et bien d’autres encore qui hier comme aujourd’hui se heurtent à la discrimination.
La Discrimination était d’ailleurs le thème proposé à de jeunes « slameurs » de la commune qui ont pu se produire en deuxième partie de soirée. Les jeunes comédiens de la Compagnie du Voile déchiré ont en effet encadré pendant une semaine de jeunes talents de notre ville et les ont conseillé dans le dur apprentissage de la scène. La soirée s’est terminée tard par des chants, des danses hip hop et des « battles » offerts avec fougue par nos jeunes artistes.
Félicitons donc les organisateurs de cette soirée inaugurale, ainsi que les artistes de la Compagnie du Voile déchiré, et encourageons nos jeunes talents.
Une première réussie dans le paysage culturel de notre ville, et même plus largement pour la Guyane. « Kokolampoe » illumine le Camp : une parole libérée qui crie aux oreilles de la ville et du monde son désir d’exister.

« Kokolampoe » illumine le Camp de la Transportation.
1 Novembre 2007 - écrit par Cédric Mistral


              





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