Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA

Après l’élection de Barack OBAMA à la présidence des Etats-Unis, suivie par le monde entier, les conversations tournent toutes autour de la trajectoire extraordinaire de ce métis né de l’union d’un Kényan et d’une américaine du Kansas, parvenu à la tête de la première puissance mondiale.
Entre l’espoir que cette élection soit le début d’un changement réel, et la peur de la déception qui sera peut-être au bout du chemin, chacun a envie d’exprimer son sentiment, conscient d’être le témoin d’un grand moment de l’Histoire du monde.
L’ouest guyanais ne fait pas exception à la règle et le 97320.com a pu obtenir les réactions « à chaud » après cette nuit historique du 4 novembre.


L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
Jean Moomou,
Doctorant à l’EHESS de Paris


A travers l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, je vois celle de Nelson Mandéla en Afrique du Sud le 27 avril 1994. Ces deux hommes ont inspiré « enthousiasme et espoir » dans deux Etats rongés jadis par la ségrégation raciale, sociale et spatiale. La victoire d’Obama semble signer une réhabilitation de l’image du noir non seulement aux USA mais aussi dans le monde car cette élection bouleverse les représentations. C’est un symbole pour l’Amérique qui apparaît comme le résultat, après quarante ans de labeur, des mouvements des Noirs des années 1960 incarnés par Martin Luther King. Cependant, l’élection en tant que telle n’était pas la seule difficulté. Il faudra remettre l’économie américaine sur les rails et faire face aux difficultés qui se posent au niveau géostratégique. Quelle stratégie va donc adopter Barak Obama pour apaiser les tensions, réconcilier les Américains et le monde, transformer l’antipathie qu’éprouvent certains territoires (l’Irak, l’Afghanistan, et Israël pour ne citer que ceux-là) à l’égard de la politique militariste de son prédécesseur ? Si la situation économique de la première puissance mondiale peut être régulée, rien n’est moins sûr en ce qui concerne la politique extérieure.

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
Sergine Kokason,
Citoyenne


Fiers, nous sommes fiers d’avoir un Président qui représente l’histoire des combats durs, des combats de l’humanité, de la reconnaissance des noirs comme des hommes d’abord et des citoyens à part entière d’une nation, d’autre part ; nation qu’ils ont contribué à faire grandir. Les Etats-Unis nous ouvrent le chemin de l’avenir, de l’espoir de l’impossible d’hier devenu possible. C’est le rêve devenu réalité, MERCI Malcom X, merci Martin LUTHER KING, merci Miss Rosa PARKS qui avait refusé de descendre du bus des blancs et de s’asseoir à l’arrière du bus, Merci Jesse OWENS de ton poing noir levé lors des jeux olympiques… et pardon des fautes commises par tous les désespérés de la ségrégation.
La victoire, aujourd’hui n’est pas seulement une victoire raciale, une victoire pigmentaire, mais bien aussi celle de tous les « pas-assez », celles des minorités, des pas assez blancs, pas assez noirs, pas assez riches, pas assez diplômés, pas assez expérimentés, pas assez d’origines, pas du bon pays, pas de la bonne classe sociale, pas du bon quartier… ; la victoire de tous ceux qui se battent, dans un silence absolu, contre des injustices quotidiennes, la victoire de ceux à qui on refuse des lendemains légitimes dans des chemins de dignité.
Barak Hussein OBAMA nous a montré que le rêve CONSTRUIT la réalité, que le temps de FAIRE est là, que les fiertés et les honneurs durables, passent par le COURAGE, la PERSEVERANCE, la TOLERANCE, la SOLIDARITE, par une grande FRATERNITE dépassant les idées préconçues, le TRAVAIL et l’ambition ...
DIEU DONNE A L’AMERIQUE LA FORCE D’AIDER Barak Hussein OBAMA A ETRE UN PRESIDENT JUSTE ET PROPHETE DE L’ AVENIR DU MONDE

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
Mathieu Croizer,
Responsable DDJS à Saint-Laurent du Maroni


Je pense, comme beaucoup de monde, que l'élection d'Obama à la présidence des Etats-Unis est un vrai symbole d'espoir. Le fait qu'au delà de tous les américains, il représente une minorité noire opprimée montre peut-être un vrai changement de mentalité. C'est sûrement une réelle leçon de démocratie, surtout pour nous, Français, qui sommes passés, il n'y a pas si longtemps que cela, près de la catastrophe (un certain 21 avril 2002...) !
Reste à savoir, avec le temps, si tous les espoirs que les américains et le monde entier mettent en lui seront exaucés !!

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
Raymonde Jean-Baptiste Adolphe Aron
Agent d'accueil à la PMI


Voila, c'est fait! 50 ans après la ségrégation... Un homme noir à la tête de la première puissance mondiale, c'est un évènement historique qui restera à jamais dans les esprits, en tous cas dans le mien!
Les larmes de Jesse JACKSON m'ont beaucoup émue, en pensant surtout au sacrifice de Martin Luther KING, à Rosa PARKS, morte il y a juste trois ans, et à tous les autres qui ont lutté et oeuvré dans l'anonymat, je crois qu'aujourd'hui, leur travail porte ses fruits.
Les américains, qui il y a deux générations, ne pouvaient accepter de voir un Blanc et un Noir assis côte à côte ont hier soir réussi à dépasser la barrière de la couleur pour voter pour un Homme, et cela est un formidable message d'espoir.
J'ai confiance en Barack OBAMA, et de toutes les façons, il ne pourra pas faire pire que Georges W. BUSH!

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Jean-Paul FEREIRA
Maire de Awala-Yalimapo


« il y a deux siècles, la France a servi d’exemple aux Etats-Unis pour mettre en place les fondements de leur système démocratique, aujourd’hui l’élève a dépassé le maître !!!»

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
Léon BERTRAND
Maire de Saint-Laurent du Maroni


"C’est une réaction de satisfaction, de joie et surtout de fierté. Finalement on constate que les Etats Unis qui étaient souvent pointés du doigt par l’Europe ont brulé les étapes en matière de reconnaissance de la diversité. Puisqu’environ 40 ans après la fin de la ségrégation qui existait encore chez eux, on voit à la tête de leur plus haute instance nationale Barack OBAMA qui est un homme de couleur et qui s’est hissé à cette place grâce à la reconnaissance que tous ont de ses qualités et de ses compétences.
On peut dire aujourd’hui que c’est un signal fort des Etats Unis qui représentent la 1ère puissance du monde au reste de l’humanité. J’espère que cette élection va déverrouiller les pratiques anciennes de la société française qui reste malheureusement encore accrochée à des principes qui non rien à voir avec les fondements de la République que la France affiche.
J’espère que ce signale sera perçu comme un avertissement et que lors des prochaines élections tous les partis politiques de notre pays sauront en tenir compte car même si nos Présidents de la république (Mitterrand, Chirac, Sarkozy) ont toujours trouvé de la place pour la « minorité visible » au sein de leur différent gouvernement, cela reste très insuffisant et en complet décalage avec la vie des partis politiques français.
Un obstacle vient d’être franchi dans l’histoire du monde, il faut rester vigilant."

L'ouest guyanais réagit à l'élection de Barack OBAMA
6 Novembre 2008


              

Commentaires

1.Posté par Elie le 11/11/2008 11:39
Cette élection représente un encouragement pour l’Antillo-Guyanais et africain vivant en métropole dans les luttes pour l'égalité effective des droits et contre le racisme.
"Le grand rêve du Pasteur Martin Luther King est aujourd'hui devenu réalité, faisant franchir un pas de géant à toute l'humanité, après cette belle victoire de Barack Obama, il appelle l'Europe et les autres pays à s’inspirer des Etats-Unis et de ne pas attendre encore dix ans pour accepter la diversité dans leur société.
Une petite rectification à Sergine : revenant à l'histoire : Jessy Owens en 1934 à Berlin était le premier athlète noir à subir la ségrégation de la part d'Hitler après avoir remporté 4 médailles d'or aux jeux de Berlin.
De retour aux Etats-Unis, Owens n’eut pas droit aux félicitations du président Roosevelt. Il dira plus tard : Que je suis rentré dans mon pays après avoir entendu toutes ces histoires sur Hitler, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant du bus. Je devais utiliser la porte de derrière. Je ne pouvais pas habiter où je le voulais. Je n’ai pas été invité à serrer la main d’Hitler, mais je n’ai pas été invité à la Maison Blanche pour serrer celle du président non plus.
Tandis que lors des Jeux olympiques à Mexico, Tommie Smith remporte le 200 m en 19"83, battant le record du monde grâce à une dernière ligne droite éblouissante. L'athlète et son compatriote John Carlos, arrivé troisième, montent sur le podium en chaussettes noires et lèvent un poing ganté de noir, têtes baissées pendant que résonne l'hymne américain. Souvent associé aux Black Panthers, alors que Tommie Smith n'en a jamais fait partie, ce geste est l'affirmation du refus de toute discrimination. Menacés de mort par des spectateurs et exclus de l'équipe américaine pour insulte au drapeau, les deux athlètes sont expulsés du village olympique et bannis à vie du comité olympique pour cet acte militant.

2.Posté par OneNote le 13/11/2008 09:02
Dans tous les pays du monde, à l'exception peut-être d'Israël, Barak Obama a bénéficié des faveurs de l'opinion publique. Depuis son élection à la présidence des USA, nous assistons à une véritable "hystérobamania" qui revêt différentes formes.

Les déclarations faites aux lendemains de l’élection du 4 novembre ne laissent aucun doute sur ce point : ce n’est pas parce que Barack Obama est jeune et sympathique, qu’il possède un charisme certain, qu’il a réalisé une bien meilleure campagne que son adversaire républicain, qu’il a avancé des idées de nature un séduire un vaste électorat, que son élection a été saluée par un concert de louanges quasi-planétaire. C’est en raison de la couleur de sa peau. Les Européens et les Africains, notamment, n’ont visiblement retenu qu’un seul aspect de sa victoire : un Noir (en réalité, un métis) est entré pour la première fois à la Maison-Blanche.

Certains de ces commentaires ont même été stupéfiants. En France, tandis que le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) appelait à un rassemblement « pour saluer la victoire d’Obama et demander à Nicolas Sarkozy de ne pas oublier les revendications des Noirs de France », on a pu voir de jeunes Français d’origine africaine s’écrier : « On a enfin notre président ! », ou encore : « L’exemple à suivre nous vient des Etats-Unis ». (Ils ignorent sans doute qu’en France, c’est un Antillais, Gaston Monnerville, qui présida le Sénat de 1959 à 1968, poste qui faisait de lui le deuxième personnage de l’Etat).L’adjointe au maire PS, de Lyon Najat Vallaud-Belkacem, s’interroge : «La victoire de Barack Obama est bien sûr une formidable nouvelle et elle devrait servir d’exemple à la France. Bien sûr, ce serait merveilleux qu’un Noir ou un beur puisse être élu à la présidence. Pour autant, je ne pense pas qu’il faille imposer une discrimination positive en France. »

L’élection de Barack Obama est l’occasion de rappeler le supposé besoin de diversité de la société française. Les exigences des militants issus des minorités et des associations de lobbying communautaire étant de plus en plus pressantes, les états-majors des partis et les pouvoirs publics sont aujourd’hui débordés par la machine infernale qu’ils ont mise en branle.

Pour François Bayrou, l’élection de Obama est un message d’espoir. «Des centaines de millions de femmes et d’hommes qui avaient le sentiment d’avoir en face d’eux un mur voient aujourd’hui une porte s’ouvrir dans ce mur.»

Pour Patrick Devedjian: « Nul doute que le phénomène Obama aura une influence en Europe et en France». On apprend que Rama Yade sera tête de liste en Ile-de-France aux élections européennes de 2009.

Ségolène Royal a souhaité que «l’Amérique métissée» fasse «progresser partout la fraternité mondiale». Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS à l’égalité des chances, se demande : «Où sont nos Barack Obama à nous ? » Fayçal Douhane (PS) regrette que «les Français ne soient pas prêts à voter pour un Arabe ou un Noir». Malek Boutih, ancien responsable de SOS-Racisme, affirme que « les politiques continuent à penser que le décalage entre la population de Seine-Saint-Denis et les élus est inévitable. L’élection d’Obama prouve que c’est faux».

Fadela Amera : “Il faut que les partis aillent chercher des candidats issus de l’immigration, de toutes les origines, et qu’ils les offrent aux électeurs. Les gens sont prêts, c’est le système politique qui est en retard».

Enfin, Azouz Begag, ex-ministre à la “Promotion de l’égalité des chances” peut déverser son fiel contre la France : « Les Etats-Unis sont une société en mouvement, alors que la France est une société sclérosée et sclérosante. C’est pourquoi, dans ce pays, on ne vote pas pour un noir ou un arabo-musulman. Notre société est arrivée à bout de souffle. Elle attend, pour 2012, quelqu’un qui avec la douceur, la classe, la culture, la courtoisie, l’intelligence, lui offrira un nouveau futur. Ce n’est pas à coups de pied au cul qu’on fera avancer ce pays ».

Pour continuer à afficher son engagement anti-raciste, le conseil municipal de Farges a décidé de rebaptiser l'une des places de la petite commune du Pays de Gex du nom de "Barack Obama"...

En Afrique, des voix plus nombreuses encore se sont élevées pour prédire qu’« Obama va sauver le continent africain » ou que le nouveau président va s’employer à élever le niveau de vie de tous les Kenyans au motif que son père était né au Kenya !

D’autres affirment qu’Obama est avant tout l’élu des Noirs américains ou des minorités ethniques. C’est une erreur. Obama a d’ailleurs eu l’intelligence de ne pas faire campagne sur sa couleur de peau ni de se poser en candidat des Afro-Américains (catégorie à laquelle il n’appartient d’ailleurs pas lui-même), erreur qui lui aurait été fatale. Certes, il a reçu l’appui de 95 % des Noirs, de 67 % des Hispaniques (Latinos) et de 62 % des Asiatiques. Un tel fait ne saurait surprendre, et il n’est pas question de nier ici l’importance symbolique que représente l’élection d’un président noir dans un pays où, il y a encore un demi-siècle, régnait la ségrégation. Mais il ne faut pas oublier que, lorsque les candidats démocrates étaient des Blancs, les minorités ethniques votaient déjà très majoritairement démocrates.

il ne faudrait pas oublier que Barack Obama n’a pas été élu président de l’Afrique, secrétaire général des Nations-Unies ou rédempteur de l’humanité, mais président des Etats-Unis, avec pour seule et unique mission de défendre les intérêts américains. Compte tenu des pesanteurs historiques et géopolitiques, ce n’est évidemment pas le fait qu’il est un Noir qui suffira à remettre l’Amérique sur le chemin d’une convergence avec l’Europe. Le président russe Dmitri Medvedev est apparemment pour l’instant le seul à l’avoir compris.

Cette élection est due à des circonstances exceptionnelles. Regardez les États du Sud, Obama y obtient des scores largement moins importants que Al Gore en 2000 et John Kerry en 2004. Les "pauvres" blancs d'Alabama, de Géorgie ou du Missippi préféreront toujours voter pour un riche républicain que pour un Noir. La fracture raciale est toujours présente. Obama peut tirer son chapeau à George W. Bush. Sans lui et la crise économique, cela aurait été largement plus compliqué. C'est à cette aune que l'on mesure les dégâts causés par huit ans de présidence bushiste. L'élection d'Obama, c'est la seule chose positive de ses deux mandats.

Il sera jugé sur ses actes, non sur son appartenance raciale. Pour y parvenir, il n’aura pas à choisir entre une « politique blanche » ou une « politique noire », car ces catégories ne correspondent à rien. Il aura à faire de bons choix politiques tout court. Savoir s’il y parviendra est une autre question.

Barack Obama a souligné l’importance du partenariat stratégique entre la Pologne et les Etats-Unis. Il a également informé que le projet de bouclier antimissile sera poursuivi.

Qui aujourd'hui connait le programme de Barak Obama ? Peu de gens, il faut le reconnaître... Ce programme peut être consulté sur le site suivant :
http://www.barackobama.com/pdf/ObamaBlueprintForChange.pdf

On y découvrira certaines contradictions : ainsi "arrêter la guerre en Irak" et "renforcer la présence militaire américaine en Afghanistan"...

Et de grâce, cessons d'encenser Obama en raison de la couleur de sa peau; ceux qui s'y adonnent oublient que l'Afrique n'a pas donné sa part au chat au hit-parade des génocides... Pour ceux qui ont la mémoire courte, juste quelques noms : Rwanda, Darfour, Mugabe, Bokassa, Biafra, etc.


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