Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Le chirurgien privé de bistouri

Chirurgien titulaire au sein du Centre hospitalier de l'ouest guyanais, le docteur N'Zoyem a été suspendu de ses fonctions par le directeur de l'établissement de santé. Il réclame sa réintégration.


Le chirurgien privé de bistouri
Deux suspensions en l'espace de dix jours. C'est la sanction infligée par le directeur du Centre hospitalier de l'ouest guyanais au docteur Martin N'Zoyem. Pour le chirurgien, cette décision ne repose sur aucune justification légale. C'est la raison pour laquelle il a saisi le tribunal administratif. Il entend obtenir la levée de sa suspension, et ainsi pouvoir réintégrer son service de l'hôpital Franck-Joly. Lundi après-midi, le chirurgien a donc plaidé sa cause devant le juge des référés. Par l'intermédiaire de son avocat, Maître José Lobeau.

Le 13 mars, le directeur du Chog écarte le chirurgien du service d'astreinte. Le 23 mars, il suspend ses fonctions au sein du service chirurgical. « Le directeur a bien le pouvoir de suspendre un praticien hospitalier, mais sous certaines conditions, explique le conseil du plaignant. Il doit s'agir de circonstances extraordinaires, comme un danger pour les patients ou une urgence.

Si aucune de ces deux conditions n'est remplie, il s'agit d'un détournement de procédure. » À l'origine de la suspension se trouve un incident survenu dans le bloc opératoire.

Le chirurgien intérimaire qui assiste Martin N'Zoyem lors de l'opération décide de se placer en retrait. « Il était mécontent du mode opératoire adopté par mon client » , souligne Maître Lobeau. Le chirurgien intérimaire rapporte l'incident au directeur. « Celui-ci s'en est contenté et n'a consulté personne d'autre, affirme l'avocat. Je précise que le malade n'a jamais été en danger et se porte bien. Il n'y a aucune preuve d'un manquement grave. » Il estime qu'il existe « un doute sérieux sur la légalité » de la décision.

Maître Patrick Lingibé défend les intérêts du Chog. En quelques minutes. « Je ne vais pas être long, car nous ne sommes pas ici pour débattre sur le fond, lance-t-il. Nous sommes sûrs de notre bon droit. Il y a une procédure de suspension, et le directeur n'a pas à s'en expliquer. Il s'agit d'une procédure d'urgence pour se dessaisir d'un fonctionnaire. Car oui, on peut écarter un praticien pour préserver la santé publique. Le directeur de l'Agence régionale de santé a été saisi de la procédure, et une décision va être prise. »

Le délibéré doit être rendu avant la fin de la semaine.
25 Avril 2010 - écrit par T.F source © France-Guyane


              

Commentaires

1.Posté par aymon le 29/04/2010 11:27
bien triste tout cela !
je constate que bien des choses ont changé dans l'hôpital où j'ai longtemps exercé.
Bon courage à mes anciens collègues de la CHIR tchimbé raid

2.Posté par CECE le 08/05/2010 16:33
Si l'intérimaire s'est mis en retrait c'est qu'ilestimait que les gestes de son confrères ne garantissaient pas la bonne pratique de la médecine. L'avocat du médecin suspendu devrait plutôt que de chercher des circonstances graves et exceptionnelles pour mettreà défaut le directeur sur la légalité de sa décision, se pencher sur les circonstances ayant débouché sur le retrait du chrirurgien intérimaire. Intérimaire ne signifie pas moins compétent. Le juridisme ne répond pas à toutes les questions. Enfin, il serait intéressant que la direction du CHOG informe la population sur le nombre de praticiens qu'elle a "remercié", suspendu, les départs "forcés" etc.... L'information passerait mieux que les rumeurs et il y en a!!





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