Jeudi 17 Mai 2012
9:10
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française
Course Trans-Atlantique Rames Guyane

Le participant guyanais Patrick DEIXONNE jette l'éponge; les autres foncent vers l'ouest

Accablé par les problèmes techniques, terrassé par une forte douleur au genou, Patrick Deixonne demandait hier soir la remorque pour rentrer sur Dakar. Dans le même temps, poussé par une belle brise de nord-est, le groupe des leaders fonçait cap à l’ouest, dans le sillage du redoutable Coindre qui abattait près de 60 milles nautiques dans la seule journée d’hier.



Le participant guyanais Patrick DEIXONNE jette l'éponge; les autres foncent vers l'ouest
Après leur départ manqué du premier jour de course, trois des quatre infortunés skippers rentrés à terre après seulement quelques heures de route, réparaient rapidement leurs montures pour repartir de plus belle dés le lendemain, grâce surtout à la générosité de Philippe Malapert qui, souffrant de multiples contusions, offrait à ses camarades tous ses équipements pour leur permettre de retourner au combat.
Dans la journée qui suivait ce nouveau départ Jo Le Guen, plus motivé que jamais, multipliait les efforts et les heures d’aviron pour revenir dans la course alors que Jean Jacques Gauthier et Patrick Deixonne, encore sonnés par le mauvais sort, reprenaient doucement contact avec l’élément liquide.

À bord de « Groupe Océanic », Patrick Deixonne peinait à trouver la cadence et, au cours des jours suivants, il confiait à ses proches sa crainte de devoir renoncer pour cause de multiples difficultés techniques liées à la mise au point des avirons prêtés par Malapert ainsi qu’à la découverte de nombreuses rations de nourriture lyophilisée avariées par l’eau de mer.
Mais regonflé par son équipe à terre, le guyanais décidait vendredi de poursuivre sa route après avoir réglé ses problèmes d’aviron et refait l’inventaire d’une cambuse finalement en meilleure condition qu’il ne le craignait.
C’est probablement à la suite de tous ses efforts pour revenir dans le match que le skipper de « Groupe Océanic » annonçait tôt dans la matinée d’hier souffrir d’un épanchement de synovie avec important gonflement du genou et, la mort dans l’âme, il décidait de jeter l’éponge, se sentant incapable de poursuivre sa route sans en avoir les moyens physiques.
Vers 19 heures hier soir, le ketch Cap Verdien « Lovely Samba » appareillait donc du port de Dakar, route sur la position de Deixonne alors en dérive lente à une soixantaine de milles dans l’ouest sud ouest de la presqu’île du Cap Verd.

Joint ce midi par téléphone satellite, Patrick précisait être en contact avec le skipper du ketch qui venait à sa rencontre et il envisageait de passer la remorque en milieu d’après-midi pour une ETA probable à Dakar en fin de la journée de demain. « Je suis en forme, j’apprécie le bateau et j’ai l’impression de faire du bon boulot » précisait à la vacation d’hier le fougueux Coindre à bord de son « Lady Ginie ». Plus véloce que jamais, Emmanuel affole en effet les compteurs avec 57 milles parcourus au cours des dernières 24 heures pour une moyenne de près de 2,5 nœuds qui pourrait, si elle était tenue, offrir aux guyanais l’heureuse surprise d’accueillir ce vainqueur en puissance avant la fin de l’année.
Un peu plus de 80 milles derrière le leader, le surprenant Jacques Djeddi se déclarait ravi, et même un peu étonné, de sa belle prestation : « Je suis surpris de mes bonnes performances car, avec mes problèmes de mycoses et autres blessures aux fesses, j’ai l’impression de ne pas être à bloc. Avec un peu moins de 8 heures d’aviron par jour, j’ai le sentiment de pouvoir faire beaucoup mieux tant et si bien que je me prends à rêver de futures grosses journées dès que mon arrière train ira mieux.

Aujourd’hui, c’est le marathon de La Rochelle et j’ai une pensée émue pour tous les détenus de la maison d’arrêt de Saint-Martin-de-Ré avec lesquels j’ai déjà participé à 13 éditions de cette fameuse course à pied. À propos du Pays, je suis ravi de constater qu’à St-Martin, les nombreux sceptiques qui ne croyaient pas trop en ma capacité de traverser l’Atlantique à la rame en sont pour leurs frais et que l’heure semble maintenant beaucoup plus à l’enthousiasme qu’aux sarcasmes. »

En dixième position ce matin, Jean Pierre Lasalarié déclarait être parfaitement en forme et heureux d’être en mer, déplorant simplement son manque d’efficacité à la pêche à la traîne, activité qu’il apprécie tout particulièrement et qu’il espère rapidement fructueuse pour vérifier tout le bien qu’il pense des filets de poissons marinés au jus de citron vert, le tout agrémenté de quelques rondelles de carotte, de petits oignons crus et de gros grains de poivre noir concassés

Le participant guyanais Patrick DEIXONNE jette l'éponge; les autres foncent vers l'ouest

Lundi 27 Novembre 2006
www.ramesguyane.com

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