Mardi 7 Février 2012
5:43
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française
LES REGIONALES 2010

Les élections vues de chez nous : LISTE "Le renouveau pour la région Guyane qu'on aime".

Les 14 et 21 mars prochains, nous allons voter pour les élections régionales 2010. Des élections capitales pour l’avenir de la Guyane car elles sont la première étape du long et compliqué chemin vers la future collectivité unique. Ceux que vous allez élire, ces futurs conseillers régionaux, iront négocier avec le gouvernement les contours de cette collectivité unique, préparant la progressive disparition des deux collectivités actuelles : le Conseil Général et le Conseil Régional.
10 listes se présentent à vous, avec leurs candidats, leurs programmes, leurs promesses … des discours parfois complexes, des positionnements un peu surprenants sur l’échiquier politique droite/gauche. La rédaction vous propose donc d’entendre des hommes et des femmes de notre commune qui se sont engagés en leur âme et conscience dans ce combat politique. En espérant que ces entretiens vous permettent de comprendre un peu mieux les enjeux de ces élections et surtout … d’aller voter.



Les élections vues de chez nous : LISTE "Le renouveau pour la région Guyane qu'on aime".
LISTE « Le renouveau pour la Région Guyane qu’on aime », conduite par M. Léon JEAN-BAPTISTE-EDOUARD.
Colistiers : Joseph REGIS (n°5) et Bernard RACANIERE (n°17).


1) Bonjour, présentez-vous et expliquez-nous votre choix ; pourquoi s’engager sur cette liste ?

« Bonjour, je suis Bernard Racanière, 52 ans, marié, père de 3 enfants, directeur de l’école Milien à Balaté. Je suis membre du Parti Socialiste depuis 32 ans, secrétaire de la section PS à Saint Laurent depuis 6 ans ; je suis également responsable syndical de l’UNSA, délégué du personnel à l’Education Nationale ; je suis enfin membre du bureau de L’Union Sportive Des Ecoles Publiques. Je suis naturellement engagé sur cette liste en tant que socialiste car il faut que ce parti national soit représenté en Guyane et notamment à Saint Laurent, commune de droite, et pour être représenté, il faut avoir des élus. »

« Bonjour, je suis Joseph Régis, 62 ans, marié, père de 4 enfants et grand-père de 6 petits-enfants. Je suis président du comité des usagers contre l’insécurité et fondateur de l’APADAG Guyane. Militant depuis mon plus jeune âge, inscrit au Parti Socialiste Guyanais depuis 1982, je me suis depuis retiré de ce parti. L’existence du PSG s’explique historiquement depuis Justin Catayée. Mais depuis 2008 je suis inscrit au PS, car depuis longtemps les élus locaux de gauche s’appuient sur le PS, force d’appoint ; mais il n’y a pas de retour. Il est temps d’avoir des élus guyanais socialistes, appartenant à un réseau national, bénéficiant de relais en France métropolitaine. »


2) Quelles sont vos priorités pour le développement de l’ouest guyanais, dans le cadre de la région ?

B. Racanière : « Ma priorité est le désenclavement structurel : il faut améliorer le schéma routier et penser réellement à l’aménagement du territoire. La question du foncier est essentielle et il n’y a aucune volonté de redistribuer les terres. Je ne peux pas comprendre qu’à Saint Laurent par exemple, les établissements scolaires soient concentrés les uns à côté des autres, dans un même quartier, créant ainsi des ghettos. La région doit d’ailleurs fédérer les actions scolaires et culturelles. A Saint Laurent, deuxième ville de Guyane, il n’y a aucune salle de spectacle, les équipements sportifs sont rares et vétustes (seulement 2 stades pour 33 000 habitants, une seule piscine …). »

J. Régis : « Il y a d’abord l’économie. Le port de l’ouest par exemple : c’est un véritable atout pour le désenclavement ; le chenal nécessite que peu d’entretien, et pourtant c’est au point mort. Les filières du bois et de la pêche ne sont pas correctement développées, alors que dans le passé il existait une activité florissante. Le foncier est effectivement une priorité ; il faut redistribuer les terres, notamment aux jeunes, et les encourager à se diriger vers les métiers de la terre. On doit mettre en place une politique d’intéressement au près de la population. L’éducation enfin : valoriser des filières de proximité comme le bois, la pêche, l’agroalimentaire … »







3) Comment envisagez-vous la future collectivité unique ?

B. Racanière : « Il faut faire de cette collectivité unique un outil efficace de développement. Conserver les compétences rassemblées du Conseil Régional et du Conseil général, mais aller au-delà en élargissant les compétences vers les communes de Guyane, souvent asphyxiées, pour soulager leurs charges. Je remarque que les tenants du 73 d’hier veulent négocier aujourd’hui un statut particulier pour la Guyane. Quelle incohérence ! »

J. Régis : « Cette collectivité unique est un objectif de la gauche depuis longtemps, depuis Castor ! Ce n’est pas une nouveauté de la droite. L’article 74 pouvait accompagner cette nouvelle collectivité. Il faut aujourd’hui, dans le cadre du 73, négocier de nouvelles compétences, comme la coopération inter-régionale, avec le Surinam ou le Brésil. Et puis l’ouest est l’avenir de la Guyane, du moins d’un point de vue démographique. Il faut donc une meilleure représentativité de l’ouest. »

4) D’après vous, qu’est-ce qui fait la différence de votre liste ?

B. Racanière : « C’est une élection nationale et il y a une logique nationale des régions de France. Voter pour le PS, c’est voter pour une cohérence nationale. Nous devons devenir une force en Guyane, avec des élus, car nous sommes la seule liste cohérente qui n’a jamais triché, changé. Il faut sortir d’une politique guyano-guyanaise stérile : l’AGEG existe à côté du PS et du PSG, la tête de liste de Guyane Ecologie est issue du PSG, la tête de liste du PSG est issue du FDG, la tête de liste du FDG est très proche de Rodolphe Alexandre … et Rodolphe Alexandre est « le Besson guyanais », un opportuniste. Nous sommes nous, comme Léon Bertrand ( !), fidèle à une ligne de conduite. »

J. Régis : « Nous sommes la seule liste du changement à gauche car nous n’avons pas d’élus à la région Guyane, pas de passif en politique … la Guyane demeure une région française et cela nécessite un élu représenté à l’échelle nationale, lié à un parti fort comme le PS, à la tête de nombreuses régions. Il faut à présent sortir des petits partis locaux … »


Jeudi 11 Mars 2010
Cédric MISTRAL

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