Saint-Laurent du Maroni

Mouvement enseignant: Tous ensemble pour une école de qualité en Guyane

Au lendemain de l'arrivée dans le département d'une délégation interministérielle dont l'une des missions sera sera d'effectuer un état des lieux de l'éducation en Guyane, le Collectif de l'Ouest guyanais et l'intersyndicale appellent à une mobilisation massive pour la manifestation du mardi 3 juin.
Un retour sur l'ensemble des évènements qui ont mené à la mobilisation depuis plusieurs mois s'avère indispensable pour bien comprendre les enjeux de ce bras de fer.


Mouvement enseignant: Tous ensemble pour une école de qualité en Guyane
Récapitulatif de la crise actuelle.

- Pour la rentrée 2008-2009 les restrictions budgétaires touchent la Guyane comme toutes les académies de France. Pour 1160 élèves qui rejoindront les bancs de l’école, seuls 20 postes sont créés; 15 dans le primaire et 5 dans le secondaire. Le nombre de titulaires sortants est supérieur au nombre d’entrants. Les DGH et les ratio heures profs/ élève baissent ; le nombre d’élèves par classe augmente. Des dispositifs d’aide et de soutien disparaissent etc. De nombreux moyens sont donc supprimés.

- De ce fait, les enseignants du premier et du second degré, les fédérations de parents d’élèves et d’élèves, l’association des Maires, les députées, le sénateur, les présidents des Conseils Général et Régional, l’Evêque, de nombreuses associations, ont clairement pris position. Tous font valoir que la situation de la Guyane est préoccupante, que la politique proposée par le Ministère de l’Education nationale est inapplicable telle quelle dans notre académie et que la crise de l’école en Guyane doit être traitée sans délai. Cette prise de position est effective depuis 2 semaines.

- La délégation académique, constituée d’une intersyndicale, de la FCPE, de l’UNL et du collectif de l’ouest a rencontré le Recteur à plusieurs reprises mais ce dernier a toujours fait valoir ces restrictions budgétaires comme incontournables. Aucun changement n’a été envisagé ce qui a mené à une rupture de communication avec le Recteur. Quant au Ministre, il a été interpellé mais ne s’est jamais positionné. Comme le dit le Président du Conseil Général M. Tien Liong, il fait preuve d’un total « autisme » à notre égard.

- Le mouvement, toujours responsable est attaché au calme et à la négociation. Toutes nos manifestations se sont déroulées dans un bon esprit, respectueux de l’ordre et des lois et plus largement respectueux de tous.

Ainsi, nous posons les questions suivantes :


Comment un gouvernement peut-il bafouer à ce point les principes démocratiques qu’il doit normalement garantir ?

Comment un gouvernement peut-il agir avec cette autorité et cette arrogance ?

Comment peut-il refuser le dialogue alors que tous (enseignants, parents, politiques, religieux…) le demandent ?


Ainsi, nous exigeons du Ministre

-qu’il nous écoute.

-qu’il communique à propos de la crise actuelle.

-qu’il apporte une réponse écrite à notre plateforme de revendications.

-qu’il ouvre une table de négociations.


Nous informons le Ministre


-que nous avons assez attendu sa réponse.

-que nos actions seront désormais à la mesure de son arrogance.

-qu’il porte la responsabilité de la dégradation de la situation.

-que notre seule responsabilité est d’assurer un avenir aux écoliers Guyanais.

-que notre détermination est à la hauteur de notre responsabilité.

Nous appelons l'ensemble de la population de Saint-Laurent à se mobiliser mardi 3 juin pour une grande manifestation qui partira à 9h du rond point du cimetière.
2 Juin 2008 - écrit par stephtrouille@hotmail.com


              

Commentaires

1.Posté par successfighters le 05/06/2008 08:25
Il s'agit de faire état de la manifestation de ce mardi et des engagements pour la suite du mouvement.


I Succès de la mobilisation :

Le cortège de Saint-Laurent a regroupé 800 manifestants. La mobilisation des parents d'élèves a été sans précédent dans l'histoire du mouvement. Ceci rend encore plus légitime notre action et renforce notre détermination à aboutir. Nous remercions tous ceux qui ont soutenus la manifestation. Nous avons créé l'évènement en occupant la Sous-Préfecture, symbole de l'Etat dans la seconde circonscription. Cette initiative nous a valu l'intervention des forces de l'ordre.

II Condamnation de l'état de violence :

Les manifestants ont subi l'intervention musclée des forces de l'ordre, traduite dans les faits par des projections de lacrymogènes mais également par des coups de matraque. Quelques manifestants ont été interpellés plus violemment, frappés au sol après avoir été menottés. Nous condamnons cette répression qui est aujourd'hui la seule réponse apportée à nos revendications. Nous rappelons que la rupture de communication avec le Recteur a été suivie par un profond silence de la part du Ministère et qu'aucun interlocuteur ne nous a été proposé. Nous déplorons par ailleurs les dommages physiques et matériels causés lors de cette journée. Nous considérons cependant que l'Etat est le responsable de la dégradation de la situation.

III Nos demandes :

Nous demandons une réponse écrite à nos revendications. Nous demandons un interlocuteur compétent et mandaté pour négocier à propos de notre plateforme de revendications. A ce titre, nous informons que nous nous rendrons au rendez-vous proposé par la mission interministérielle ce jeudi 5 juin. Cependant, nous savons que cette mission est mandatée pour faire état de la situation de l'éducation mais qu'elle n'a pas vocation à négocier quoi que ce soit. Cette mission n'est donc pas un interlocuteur de choix.

IV Nos engagements :

Nous nous engageons à poursuivre le mouvement jusqu'à avoir obtenu satisfaction. Nous nous engageons à mener des actions à la mesure de l'enjeu que représente l'éducation en Guyane.

V Les responsabilités :

Notre seule responsabilité est de faire valoir une éducation de qualité pour toutes les Guyanaises et tous les Guyanais. Nous remettons à l'Etat la responsabilité d'une dégradation de la situation.

Le 3 juin 2008 à 18h.

Denis Fourré, Arnaud Heude, Pierre Gutierrez, Pour le collectif de l'ouest.

Ce soir, comme prévu, une ag s'est tenue à la charbonnière sous l'impulsion des parents. Nous étions environ 70 avec pas mal de parents.

Ces derniers ont décidé de bloquer demain l'ensemble des collèges de Saint-Laurent. Ils sont au moins 10 par établissement plus quelques enseignants. J'invite donc l'ensemble des enseignants à se joindre à ce mouvement. L'idée étant de faire passer le message que demain on bloque les collèges mais si on n'a toujours aucune réponse, on n'exclut pas d'aller plus loin.

Après le blocage, rendez vous pour tous au rectum (apparement, c'est le nouveau nom de l'antenne du rectorat)

Hésitez pas à vous inscrire en laissant un commentaire.

Rendez vous vers 6h45 devant chaque établissement

Comme prévu, les parents se sont retrouvés avec quelques enseignants pour bloquer les 4 collèges de Saint-Laurent. Tout s'est bien passé sauf pour le collège 5 où le principal est rentré dans une énorme collère, traitant les enseignants de chasseur de primes et de profiteurs.

Vers 9h30, après le retour chez eux des élèves, nous nous sommes tous retrouvés au rectorat afin d'envisager la suite. Une discussion très animée s'est mis en place et les parents ont décidé de bloquer demain le collège 1 ainsi que les écoles de la charbonnière, de SAbayo, des sables-blancs, de Millien et de 3 autres à confirmer.

La matinée s'est terminée par une marche spontanée des parents vers le marché et la braderie, en passant par la sous-préfecture, fermé jusqu'à nouvel ordre. ils ont ainsi pû informer la population de notre mouvement.

Rendez vous donc demain matin à 6h45 dans les établissements cités précédemment.

À Loka l'école est fermée(tous les enseignants sont grévistes ! !) depuis le 27 mai.

Aujourd'hui, nous avons affrété une pirogue pour aller à Maripasoula. Nous avons réussi à obtenir une grande pirogue et l'essence a été prise en charge par les enseignants. une cinquantaine de personnes, parents d'élèves, collégiens et enseignants de Loka ont ainsi pu se déplacer pour la manifestation. une pirogue venant de Papaïchton a fait de même...

Environ 200 personnes se sont donc retrouvées et ont défilé dans la ville pour aboutir sur la place des fêtes pour un rassemblement.

Loka

La Ligue des droits de l'Homme, section de Cayenne, soutient le mouvement de la communauté éducative guyanaise.

Elle constate que les mesures de suppression de postes visent en priorité les enseignements spécifiques de soutien à des élèves en majorité non francophones.

Elle dénonce la fin du consensus sur les causes de l'échec scolaire en Guyane tel qu'il avait été établi par le Ministère de l'Education Nationale, après la grève de 9 semaines en 2001, dans les rapports des Inspecteurs Hebrard et Ronchin : nécessité de développer l'apprentissage du français par la scolarisation préélémentaire, par la mise en place d'enseignements spécifiques de français langue seconde, et la construction de 66 classes par an avec l'aide de l'Etat.

Ces suppressions de postes vont dans le sens du discours sur l'école, déjà dénoncé par la Ligue, prononcé par le Président de la République à Camopi, lors de sa visite en février dernier. Elle dénonce également le désengagement de l'Etat dans le nouveau plan Etat - Région pour la période 2008 - 2013 qui ne fait plus des constructions scolaires une priorité, contrairement aux deux plans précédents.

Elle dénonce à nouveau les inégalités dont sont perpétuellement victimes les enfants et les jeunes de notre département dans leur accès légitime à l'instruction.

Cayenne, le 4 juin 2008

2.Posté par successfighters le 05/06/2008 13:57
Non à la réforme, oui à nos enfants

Non à la réforme, oui à nos enfants Mouvement de population avec les enseignants en Guyane

Quand nos enfants guyanais auront-ils les mêmes chances que vos élèves métropolitains ? Non francophones, ici, les élèves ont besoin de plus d’heures en maitrise de la langue, de matériels pédagogiques adaptés, de classes spécifiques (CLIS, CLAD, CLIN), et bien sûr de leurs enseignants. Comment travailler dans des écoles fantômes quand les classes des enseignants malades sont fermées ? Elèves, parents, enseignants, nous faisons la grève pour améliorer l’avenir de nos enfants. C’est pour eux que nous ne laisserons pas passer la réforme visant à supprimer des postes, à supprimer les classes spécifiques. A l’ouest, nos enfants n’ont pas de lycées, s’ils doivent continuer leurs études, ils sont obligés d’aller sur le littoral où nous devons créer des internats de qualité pour les recevoir. A l’ouest, les élèves venant des campements peuvent passer la journée sans manger puisque nous n’avons pas de cantine. A l’ouest, les enfants peuvent s’intoxiquer dans des écoles pleines de fientes nocives de chauves-souris. A l’ouest, nous subissons tant d’aberrations que jamais nous ne laisserons passer cette grève sous silence. Papaïchton le 5 juin 2008

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