Tous les rameurs ont désormais les yeux tournés vers le départ. Un sentiment partagé entre l’envie de partir enfin, et la crainte d’oublier un détail crucial, « le truc qui va leur manquer » pour la traversée.
« Je mettrais mon bateau dans un container mardi prochain, précise Didier Lemoine. J’ai encore quelques détails à régler, en particulier sur le siège que je n’avais pas trop eu le temps de finir. En parallèle je boucle mes malles et surtout j’essaie de penser à tout. C’est sûr, je vais oublier quelque chose ! »
Une fois tous les bateaux chargés au Verdon, près de Bordeaux, ils seront mis à bord d’un porte-container le 12 octobre, direction Dakar.
« Depuis le 10 juillet, je suis sorti quasiment tous les jours avec mon bateau, seul ou avec d’autres marins comme Patrick Deixonne, Philippe Malapert ou Jean-Jacques Gauthier. Maintenant que tout cela se termine, je ressens déjà comme un vide », ajoute Jacques Djeddi, le skipper Rétais.
Pourtant les prochaines semaines seront bien fournies car entre deux séances d’ergomètre, il suivra quelques cours pour bien maîtriser le logiciel de navigation, la lecture des cartes météo… et aussi continuer à travailler la gestuelle en aviron de mer ou encore s’entraîner à la natation en mer, en particulier dans les vagues.
Didier Lemoine, quant à lui, va retourner un peu vers la tôlerie, son activité professionnelle. « Une fois parti, mon temps sera consacré uniquement à la rame, je ne compte même pas emporter de musique. Je préfère écouter la mer et le bruit du bateau… Comme je ne suis pas tout neuf, je vais probablement ramer moins vite que les plus jeunes. Je pense que pour compenser je devrais ramer tout doucement mais plus longtemps, peut-être 18 heures pas jour. Il s’agit d’une course, et je me débrouillerais pour tenir le coup. »