Mercredi 8 Février 2012
21:37
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française
Course Trans-Atlantique Rames Guyane

RAMES GUYANE: En attendant le départ…

Tous les bateaux de la course RAMES GUYANE ont été chargés dans des containers et sont prêts à être acheminés au Sénégal où ils sont attendus à la fin du mois. Les skippers sont impatients de partir et exploitent ces derniers moments à terre pour régler ici où là quelques détails et travailler leur condition physique. C’est le cas notamment du Belge, Philippe Soetaert, chirugien dentiste, qui nous livre quelques détails sur le dernier mois de sa préparation.



RAMES GUYANE: En attendant le départ…
« L’attente commence à être longue. Je profite de ces moments pour mettre plein d’images dans ma tête, pour passer du temps en famille, pour faire quelques balades. Je continue aussi à travailler à mon cabinet, j’ai des rendez-vous jusqu’à la veille de mon départ pour L’Afrique. » Au programme footing trois fois par semaine et ergomètre à raison de 2 000 coups de rame par jour.

Dans l’entourage proche de Philippe Soetaert, pas d’inquiétude, le marin n’en est pas à son premier défi puisqu’il a déjà participé à des courses au large en particulier la Whithbread, course autour du monde en équipage. C’est là qu’il a acquis une connaissance de la mer, mise à profit pour réfléchir à la préparation de son canot dans ses moindres détails. Il embarquera par exemple un peu de matériel de pêche, au cas où il lui manquerait des vivres. Pour cette traversée de l’océan Atlantique il a prévu 60 jours de nourriture, des plats lyophilisés pour l’essentiel, et aussi quelques boites de fruits au sirop. « Sans doute un peu de poids supplémentaire mais cela en vaut la peine car ce type de réconfort est essentiel dans ce genre d’épreuve. »

Pour le reste, un peu de musique, quelques bouquin mais rien de superflux.


« Céline, mon bateau a été mis à l’eau pour la première fois en juin. J’ai eu le temps de naviguer tout l’été sur les canaux, car nous avons la chance d’avoir un grand nombre de voies navigables en Belgique, c’était assez bucolique. J’ai tout testé et mis au point. C’est rassurant de savoir que je peux ramer plusieurs heures d’affilé sans soucis. Ensuite, j’ai fait trois sorties en mer, essentiellement pour tester le dessalinisateur, car la mer du Nord, très fréquentée, reste assez dangereuse pour ce genre d’embarcations. J’ai tout pu faire dans les temps, comme je l’avais prévu. »

Reste tout de même quelques inquiétudes concernant notamment le début de course. « J’ai une petite appréhension sur les rencontres possibles avec les bateaux à proximité des côtes. Les gros cargos m’effraient moins cas si je suis amené à en croiser, la puissance de leurs vagues d’étraves m’écartera de leur route. Par contre, je sais que les petits bateaux de pêche qui travaillent le long des côtes africaines ne sont pas tous équipés de radar, et nous devrons être très vigilents pendant les premiers jours de course. La première nuit sera sans doute difficile, car après l’euphorie du départ et avoir tiré toute la journée sur les avirons pour s’échapper des côtes, qui constituent pour nos petits canots à rame une zone dangereuse, il faudra rentrer dans le rythme. Cette période sera certainement très éprouvante. »


Quant à la traversée, « sur le plan physique, j’espère pouvoir tenir le coup et échapper aux traumatismes comme les tendinites ou autres. C’est pour cela que la préparation physique reste quelque chose que je considère comme très important. Il faut que le corps soit habitué à l’effort pour tout encaisser. »

Comme beaucoup d’autres rameurs, Philippe Soetaert a construit lui même son bateau. Un investissement en temps considérable : trois jours de travail par semaine pendant cinq mois. Pour participer à cette transatlantique à la rame, il faut consacrer une année entière, compte tenu de la préparation. Et puis il y a aussi tout l’investissement financier, car si les coups de main et les aides au niveau matériel ne lui ont pas fait défaut, il a lui même financé une partie de son projet.

Les quinze marins rejoindront par avion le Sénégal le 9 novembre. Dix jours avant le coup de canon du départ. Ils devront parcourir ensuite 2 600 milles à la force des bras, aidés par les vents et les courants, avant d’être accueillis par la Guyane, la population et les élus qui grâce à leur détermination et leur dynamisme ont rendu cette course, une première en terme d’aviron océanique, enfin possible.

Jeudi 19 Octobre 2006
Rames Guyane

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