Saint-Laurent du Maroni

Rame Guyane: la mer et les autres

Les 20 concurrents de la Bouvet Rames Guyane, encore en lice, sont actuellement à un tiers du parcours et naviguent enfin dans les Alizés tant attendus. Les bateaux tapent un peu moins, les marins soufflent et l’heure peut, enfin, être à la réflexion.


Rame Guyane: la mer et les autres
Certains d’entre eux sont, certes, éprouvés aux joies de la rame en mer tandis que de nombreux concurrents étaient de réels néophytes avant de prendre la mer. Le chaudronnier, le metteur en scène, le conseiller en gestion du bâtiment, le dentiste ou le jeune guyanais éleveur de bovins se sont embarqués pour la traversée. Mais que sont-ils venus chercher ces rameurs solitaires au milieu de l’Atlantique sur leur embarcation au plus près des flots ? La compétition, le dépassement, la solitude ? A chacun son Graal.

Le bonheur c’est les autres
Henri Georges Hidair « Défi Nofrayanne » est le dernier au classement et pour lui, rien ne fut simple. Directeur d’un Centre d’Economie Rurale en Guyane, il n’avait pas forcément le profil de l’aventurier siglé mais a souhaité néanmoins entreprendre le voyage. Atteint d’une maladie nosocomiale avant le départ, il n’a pas différé mais galéré pour être dans les temps, souqué sur les avirons pour s’éloigner des côtes et du Golfe de Guinée. Alors lorsque le monsieur nous raconte son histoire c’est du bonus. « J’ai vécu une belle tranche de vie avec une baleine de 30 mètres venue me voir pendant trois jours. Elle restait à mes côtés, allait chasser à 50 mètres de mon bateau dans la journée et venait à six mètres la nuit. Par prudence, je mettais ma combinaison de survie pour dormir au cas où l’envie lui aurait pris de venir se frotter trop près ».
Une belle rencontre pour rompre une solitude plus douloureuse que prévue pour certains. Mathieu Bonnier « Hills-SantéVet », montagnard confirmé et aventurier au pedigree irréprochable ne se doutait pas de la pénibilité de la situation. « Je n’étais jamais monté sur un bateau à rames et ce qui est un vrai challenge pour moi c’est la solitude. Pendant cette course, nous sommes absolument seuls pendant près de deux mois or la compagnie des autres me manque terriblement». Une angoisse qui ne l’empêche pas de ramer comme un pro puisqu’il est actuellement en deuxième position derrière Patrick Favre « Victoria Patrimoine », leader du classement depuis le départ de Saint-Louis du Sénégal.

Le soulagement est de les oublier
Un manque de l’autre pour les uns quand Eric Lainé « Twinéa » ne songe qu’à oublier la pression. « « Je me suis laissé prendre au jeu et j’ai tout fait pour rester dans le match jusqu’à ne dormir que 4H par jour. L’aiguillon de la compétition m’a piqué et dès qu’on rame une heure de moins on est dans la culpabilité mais je crois que je vais essayer de retrouver un rythme qui me correspond davantage, je me suis oublié et j’ai trop calé mon fonctionnement sur celui des autres ».Jean-Luc Torre, metteur en scène parisien semble avoir trouvé son rythme et fait de la collecte d’infos. « On est au milieu d’un truc phénoménale, d’une énergie folle. Je crois qu’en rentrant, je vais certainement me servir de cette matière pour un livre ou un spectacle. Catherine, Chabaud m’a expliqué que l’on ne peut faire le deuil d’une telle aventure qu’en écrivant un livre »…

* Catherine Chabaud, première femme à avoir terminé le Vendée Globe Challenge a écrit un livre sur son aventure.

Rame Guyane: la mer et les autres
23 Mars 2009 - écrit par Communiqué Bouvet Rames Guyane


              






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