Saint-Laurent du Maroni

Rames Bouvet Guyane: Pot au noir

Tous les indicateurs le confirment : La zone Intertropicale de Convergence remonte sur la Guyane. Entre avril et juin, le littoral guyanais est en effet battu par la pluie, les vents faiblissent en basculant à l’Est mais les grains, violents et brefs, ne lèvent ni houle dangereuse ni vagues déferlantes.
Coup de chance pour les leaders de la Bouvet Rames Guyane qui, sans le retour providentiel de ce fameux Pot au Noir, auraient pu connaître les pires difficultés pour rejoindre la Guyane.


Rames Bouvet Guyane: Pot au noir
Positionnés légèrement au-dessus du troisième parallèle Nord, Patrick Hoyau (SDVI), Mathieu Bonnier (Hill’s SantéVet) et Patrick Favre (Victoria Patrimoine), qui attaquent dans quelques jours le sprint final, progressent toujours vers l’Ouest mais sur un cap différent d’au moins 20 degrés de celui qui leur permettrait de rejoindre « en direct » la ligne d’arrivée en Guyane.

A terre, les routeurs déploient les meilleurs arguments pour persuader leurs champions de tout faire pour gagner dans le nord, quitte à y laisser la santé.
Mais sur le terrain, le même scénario se joue depuis plus de 5 semaines avec un vent de Nord Est persistant qui dicte sa loi aux plus vulnérables et entraîne même les meilleurs sur un cap incertain et souvent bien trop Sud.

Au cours des 1000 derniers milles, les occupants du groupe de tête ont préféré l’esquive à la résistance brutale et, emboîtant les rames d’un Patrick Favre qui choisissait le premier l’option Sud, ses poursuivants immédiats se laissaient eux aussi glisser vers l’équateur pour profiter pleinement de la poussée des éléments, toujours conciliants pour peu que l’on aille dans leur sens.

A ce petit jeu de la vitesse insouciante, le trio de tête se retrouvait rapidement bien au Sud de la route la plus sûre et, depuis une semaine, il apparaissait clairement que, sans une débauche d’efforts pour remonter contre le vent le long du Brésil, nos trois Mousquetaires avaient de bonnes chances… d’échouer au pied du Podium.


Hors voilà que se présente une toute autre chance, plus humide mais aussi plus joyeuse et souriante ; La ZIC, le FIT bref, le Pot au Noir, ce Front Intertropical qui remonte chaque année de l’hémisphère Sud pour rejoindre les Antilles à la fin de l’été. Et comme il arrive juste à temps pour calmer les ardeurs du vent et l’orienter dans le bon sens, nos trois furieux sprinters peuvent commencer à sourire à l’idée de se voir entraînés le long des côtes hostiles par les effets magiques du puissant courant de Guyane qui devrait les pousser sans combattre jusqu’à la ligne d’arrivée.


Patrick Hoyau: « Ca y est, j’ai attrapé une veine de courant qui me pousse vers le nord et c’est tout bénéfice. Il y a quelques jours encore, on pouvait se faire du souci sur nos chances de succès pour remonter jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais aujourd’hui, toute la nature qui m’entoure m’annonce la montée de la ZIC. J’ai été rattrapé par une barre de nuages noires et menaçants alors que le vent a commencé sa lente rotation vers l’Est. En dehors du fait que les grains annoncés vont m’offrir ma première douche à l’eau claire depuis le départ, c’est surtout la perspective d’une remontée sans douleur qui a de quoi nous réjouir car, très franchement, c’était pas gagné d’avance. Merci la ZIC. »


A quelques 23 milles derrière Patrick Hoyau, Mathieu Bonnier apprécie lui aussi l’arrivée de la ZIC à sa juste valeur, mais il peste contre les 10 milles soudainement perdus sur le vainqueur potentiel : « J’ai les boules ! Je suis furieux. Alors que j’étais sur le point de revenir au contact, me voilà subitement largué malgré une rude journée aux avirons et qui me semblait pourtant plus que productive. J’ai ramé furieusement toute la journée d’hier puis une partie de la nuit et, avec tous ces efforts, j’étais certain d’avoir fait mieux que lui. C’est à n’y rien comprendre! Heureusement, l’évolution des vents semble nous être favorable et, à défaut d’arriver pour le prochain week-end, on devrait être en mesure d’éviter les pièges du Cap d’Orange. »


A la vacation de ce matin, Patrick Deixonne (Groupe Océanic) : « Depuis quelques jours, Rémy Alnet revient sur moi d’une façon régulière. Avec mon routeur, on en a eu marre et on a décidé qu’il fallait mettre les bouchées double. J’ai donc contre attaqué pour garder un petit 40 milles d’avance. Du coup, j’ai commencé à taquiner Jean Luc Torre qui, lui aussi, s’est mis à ramer d’avantage. Cette réaction en chaîne, c’est l’effet papillon ! »


Pierre Katz (Le Quinze) : « Avec 61 milles au compteur, j’ai fait ma meilleure journée depuis le départ. Le pire, c’est que je n’ai pas beaucoup plus ramé que pour une journée normale. Mais le vent et la mer sont si bien orientés que le travail s’est fait presque tout seul. »


Eric Lainé (Twinéa) : « Il va être temps qu’on arrive car j’ai de plus en plus de petits problèmes à résoudre : Mes chaussures de cale-pieds me blessaient et j’ai du en découper les bouts ; le desalinisateur donne des signes de faiblesse mais, comme il m’a déjà fait le coup, je sais comment réparer ; mon circuit de gaz est récalcitrant mais il faudra aller comme cela jusqu’au bout ; mon Ipod a pris l’eau et n’est pas réparable et mes fesses sont maintenant très atteintes. Mais là aussi, il faudra bien que ça tienne jusqu’au bout. Ce n’est vraiment pas le moment de faiblir. »


Jean Luc Torre (Dago Verra) : « Comme tous les autres, je suppose, j’ai l’impression de passer de plus en plus de temps sur mon siège à roulettes. Mais c’est le moment d’en profiter car, avec ces vents calmes et cette mer bien rangée, on a l’impression de ramer utile et pour quelque chose. Et puis, quand on est titillé par un groupe de concurrents directs, on est forcément obligé d’y aller ! Et c’est comme cela que j’ai réalisé l’une de mes plus belles journées depuis le départ. »
14 Avril 2009 - écrit par


              






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