Comme le disait Jo Le Guen, «C’est hallucinant cette quantité de flotte. Sur Google tu traverses l’océan en deux clics de souris mais quand t’es là au milieu c’est colossal….», alors pour le traverser le plus rapidement possible, cet océan, ils rament dix heures par jour…Ils s’extraient du boyau qui leur sert de nid, se préparent un petit lyophilisé et se mettent à l’ouvrage…Quelques heures plus tard, les fesses en feu, le cuir endurci et la peau tannée, ils s’écroulent d’un seul œil, histoire de ne pas prendre une mauvaise vague. Il paraît qu’elles font souvent entre quatre et cinq mètres. Des murs d’eau en somme. Parfois, un requin, un globicéphale ou une bande de dauphins viennent leur rendre une petite visite, ça met un peu d’animation mais dans l’ensemble ils peinent.
Alors quand ils arrivent à la mi-parcours, c’est un peu la fête. Sur le terrain ça ne va pas bouleverser leur quotidien mais sur le papier ça change tout. Ce matin Jacques Djeddi s’impatientait «Mercredi je serai à la moitié du chemin, j’aurai gravi la montagne, c’est incroyable comme je me languis d’arriver sur cette crête. Je vais mettre la première carte de côté et prendre enfin la deuxième». Ils ont besoin de repères.
Et ce passage symbolique est devenu le graal de la semaine. C’est Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT qui est à l’origine de ce remue ménage sur l’Atlantique. Dès demain il sera le premier à poser son drapeau. «C’est un peu comme si on atteignait le sommet d’une montagne. Une fois que tu es arrivé en haut, il reste la descente.» on lui fait confiance pour y aller tout schuss. «C’est une étape importante. La première semaine ce fut difficile physiquement, la seconde moralement, la troisième fut une sorte de période transitoire. Lorsque je vais passer de l’autre côté, ce sera vraiment fort, je regarderai derrière, il va simplement falloir que je gère correctement le contre courant équatorial».