Saint-Laurent d
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Saint-Laurent du Maroni inaugure son label 'Ville d'art et d'histoire'

Le label "Ville d'art et d'histoire" a été attribué par le Ministre de la Culture et de la Communication, à la ville de Saint-Laurent du Maroni le 26 décembre 2005.
La ville a donc décidé d'inaugurer comme il se doit ce label qui traduit son désire de s’inscrire dans une perspective de développement culturel, social et économique et répond à l’objectif qu'elle s'est fixé d'"assurer la transmission aux générations futures des témoins de l'histoire et du cadre de vie par une démarche de responsabilisation collective."
L'inauguration se déroulera le samedi 15 décembre, journée qui sera ponctuée d'un ensemble de manifestations qui permettront de présenter différentes composantes de l'histoire et des patrimoines actuels et passés de la commune.


Saint-Laurent du Maroni inaugure son label 'Ville d'art et d'histoire'
I - SLM : un label, un reseau

Le label Ville d'art et d'histoire a été attribué à la Ville de Saint-Laurent du Maroni le 26 décembre 2005 par le Ministre de la Culture et de la Communication. Puis une convention « Ville d'Art et d'Histoire » a été signée le 14 août 2007, par le Préfet de Guyane et le Maire de Saint-Laurent du Maroni, en présence de Monsieur Christian ESTROSI, Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer.
Ce label qualifie des territoires, communes ou regroupements de communes qui, conscients des enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants s'engagent dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la création et à la qualité architecturale et du cadre de vie.
Cet engagement s’inscrit dans une perspective de développement culturel, social et économique et répond à l’objectif suivant : assurer la transmission aux générations futures des témoins de l'histoire et du cadre de vie par une démarche de responsabilisation collective.
La médiation de l’architecture et du patrimoine, outil de développement durable, intègre la construction des projets urbanistiques et architecturaux d'aujourd'hui dans une conscience de continuité, impliquant fortement la communauté et chacun des citoyens qui la composent vis-à-vis de la société actuelle et future.
Le projet culturel “Villes et Pays d’art et d’histoire” associe dans sa démarche tous les éléments - patrimoine naturel et paysager, architectural, urbain et mobilier, patrimoine technique et ethnologique - qui contribuent à l’identité d’un territoire en associant les citoyens et en impliquant les acteurs qui participent à la qualité architecturale et paysagère du cadre de vie.
Saint-Laurent du Maroni intègre un réseau national : «les Villes et Pays d'art et d’histoire » qui compte 124 Villes et Pays d’art et d’histoire.
En région Guyane, ce réseau ne comprend aucune ville, et Saint Laurent du Maroni s’y dévoile en pionnière, et traduit sa volonté:

- de continuer à mettre en valeur son histoire : des racines amérindiennes au
patrimoine historique et industriel lié au bagne et à la colonisation.
- de développer des actions de sensibilisation auprès de tous les habitants de Saint- Laurent du Maroni, de la Guyane et des visiteurs.



Saint-Laurent du Maroni inaugure son label 'Ville d'art et d'histoire'
II – SLM : une architecture et un patrimoine

La commune de Saint-Laurent du Maroni, forte d’une population de 35000 habitants aux origines multiculturelles, est située à l’ouest de la Guyane, au bord du fleuve Maroni qui fait frontière entre la France et le Surinam. Localisée à trente kilomètres de l’embouchure de la mer des Caraïbes, elle s’étend sur près de 4000 km2. Elle présente donc l’originalité d’être une ville de fleuve adossée à un immense territoire forestier.
La ville de Saint Laurent du Maroni est célèbre dans beaucoup de mémoires pour être devenue l’implantation principale du bagne en 1880, lorsqu’elle devient commune pénitentiaire par décret, plus de vingt ans après sa fondation en 1857-58.
Pourtant, l’histoire de la commune de Saint Laurent du Maroni ne remonte pas au temps du bagne, ni même à celui de la colonisation. Les premières occupations, attestées par des recherches archéologiques, remontent à 7000 ans et les sites archéologiques précolombiens, comme les roches gravées ou les champs surélevés, marquent le paysage.
La richesse et la diversité patrimoniales de Saint-Laurent du Maroni se manifestent dans plusieurs domaines :

Le Camp de la Transportation
Classé monument historique en 1987 puis en totalité en 1994, il est depuis l’objet d’une réhabilitation. Autour de Saint-Laurent du Maroni, l’administration pénitentiaire avait créé de nombreuses implantations secondaires dont il subsiste peu de choses. Certaines ruines sont encore visibles au milieu de la forêt.

Un patrimoine bâti diversifié
L’administration coloniale et la présence de l’administration pénitentiaire dans la ville entraînent la construction d’édifices officiels, de logements pour les fonctionnaires et de maisons d’habitation pour la population civile et façonnent également l’urbanisme de la ville.
Le patrimoine bâti présente une double caractéristique issue de l’architecture coloniale de la France et de l’architecture créole.

Quatre types architecturaux subsistent
- les petites “ cases bois ” : maisons entièrement en bois constituées d’un modeste rez-de- chaussée sur plots de brique, ne comportant que deux pièces, les dépendances étant placées dans la cour arrière.
- les maisons de bois à un étage avec galerie de distribution en façade arrière, comme les maisons créoles de Cayenne.
- les maisons à étage en maçonnerie.
- les maisons de rez-de-chaussée en maçonnerie et étage en bois.

Un urbanisme original

Le deuxième élément remarquable de cet héritage est l’urbanisme particulier qui juxtapose
quartier officiel et quartier colonial, avec en marge le camp et les implantations secondaires comme les installations industrielles.
Chacun de ces quartiers est lui-même marqué par un plan particulier, triangulaire tourné vers le fleuve pour le quartier officiel, orthogonal tourné vers les terres à défricher pour le quartier colonial.
Ces règles urbaines sont la conséquence tant des réalités de terrains- courbe du fleuve, terrains inondables à l'Est et au sud- que de la volonté de créer à l'époque un modèle urbain exemplaire- plan orthogonal, rues larges plantées d'arbres et bordées de fossés en briques qui permettent une bonne évacuation des eaux.

Un patrimonie immatériel
Au fil des siècles le territoire de Saint Laurent du Maroni devient une zone importante de passage et d’implantation : les populations amérindiennes d’abord, dont plusieurs ethnonymes nous sont livrés dans les chroniques coloniales avant qu’au XIXème et XXème siècle ne prédominent les Kali’na (qui appartiennent à la famille linguistique Caraïbe) et les Lokono (famille Arawak) ; les populations noires marrons ensuite, composées d’anciens esclaves africains en fuite des plantations surinamiennes ; puis les Européens, Africains et Asiatiques qui arrivent dans le sillage du bagne ; les Antillais et les Brésiliens, enfin, attirés par le mythe toujours vivace de l’El Dorado et de ses rivières d’or.
Cette mosaïque de communautés a enrichi Saint Laurent du Maroni d’un patrimoine immatériel - danse, contes, musique, vêtements traditionnels- qui reste très vivant dans la vie quotidienne de la cité, qui sait le perpétuer en même temps qu’elle le réinvente dans la modernité, notamment grâce au dynamisme des nombreuses associations culturelles.
Enfin, les populations qui n’ont cessé de migrer à travers le territoire lèguent un patrimoine attaché à ses racines et en constante évolution.

Un patrimoine industriel
Saint-Laurent possède la dernière rhumerie de Guyane qui a survécu grâce à la production d’un rhum de qualité. Pourtant l’industrie sucrière fut une des plus importantes de Guyane au XIXe siècle laissant un patrimoine industriel encore méconnu. Par ailleurs, les infrastructures mises en place à l’occasion de la création du chemin de fer sont encore très présentes sur le territoire de la commune.

Un patrimoine naturel
La commune de Saint Laurent du Maroni possède un vaste territoire de forêt qu’elle cherche à protéger. La ville, enclave entre le fleuve et la forêt, possède un rapport très fort avec son environnement, qu’elle veut préserver tant à l’intérieur de son périmètre urbain que sur l’ensemble de son territoire.

C’est tout ce patrimoine, si bien préservé, que la ville de Saint Laurent du Maroni a entrepris depuis plus de vingt ans de mettre en valeur et de se réapproprier.
Le patrimoine architectural notamment a fait l’objet des plus grands investissements. Très lié aux heures noires du bagne, il avait été rejeté par la population au lendemain de la fermeture de celui-ci.

III – SLM : des projets

UN CENTRE D’INTERPRÉTATION DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE (CIAP)

Véritable lieu de ressources et de débats, le centre est un équipement de proximité conçu de manière originale.
Il présente une exposition permanente didactique sur l’évolution de la ville et les principales caractéristiques de son architecture et de son patrimoine. Le CIAP développe une scénographie originale de manière à mieux faire comprendre la ville aux visiteurs, leur donner l’envie d’en connaître plus et découvrir par eux-mêmes les différents aspects évoqués de l’identité de la Ville d’art et d’histoire.
Des expositions temporaires et des conférences prenant en compte l’actualité de l’architecture et du patrimoine sont régulièrement organisées.
La programmation du CIAP est établie dans les cinq années qui suivent la signature de la convention en conformité avec le guide méthodologique publié par le Ministère de la Culture et de la Communication.
Le Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine, sera installé au Camp de la Transportation. La partie accueil du public sera dans la case d’entrée de droite, les expositions, ateliers et autres activités du CIAP se déploieront dans les cases 1,2, 11 et 12 et les anciennes cuisines.
Cet emplacement offre l’avantage d’être situé dans le monument emblématique de la Ville, le Camp de la Transportation. Il permettra de construire tout à la fois un projet pédagogique, touristique et muséal d’envergure, dans des locaux restaurés et bénéficiant de grandes surfaces au sol.
La localisation du CIAP s’est définie en concertation avec la DAPA et la DRAC.

DES ACTIONS DE COMMUNICATION, DE DIFFUSION ET DE PROMOTION DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE


- Sensibiliser des habitants et des professionnels à leur environnement et à la
qualité architecturale, urbaine et paysagère,
- Présenter du patrimoine dans toutes ses composantes et promotion de la qualité architecturale,
- Initier du public jeune à l’architecture, à l’urbanisme, au paysage et au
patrimoine,
- Offrir au public touristique de visites de qualité par un personnel qualifié
- Réalisation de publications sur l’architecture et le patrimoine : des dépliants
présentant la Ville d’art et d’histoire (histoire, programmes d'activités, visites,...), des fiches thématiques (secteur sauvegardé, ZPPAUP , architecture XXe siècle,...) ou monographiques, des brochures ou des guides, des affiches, des pages internet architecture et patrimoine sur le site de la ville, des publications scientifiques sur la recherche dans la commune (en archéologie, ethnologie, histoire, environnement...) en collaboration avec d’autres institutions comme le CNRS, l’IRD, ou le ministère de la culture.

ZONE DE PROTECTION DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL URBAIN PAYSAGER

La Z.P.P.A.U.P. favorisera l’adéquation entre préservation des lieux de mémoire et leu radaptation aux besoins actuels, ainsi que le maintien de l’esprit des quartiers tout en assurant l’entretien et/ou l’amélioration des bâtiments. Poursuivant la politique de la municipalité en matière d’intégration du patrimoine dans le projet urbain, la Z.P.P.A.U.P. de Saint-Laurent-du-Maroni dépasse ainsi le cadre de la protection pour s’inscrire dans un cadre plus large de stratégie d’aménagement urbain, de redynamisation et de requalification
du centre historique (quartier officiel, carcéral et ville coloniale). Elle est l’une des actions du projet urbain et de développement constituant le volet patrimonial d’un vaste chantier engagé, portant plus particulièrement sur le cadre de vie (voire par exemple la requalification actuelle du quartier chinois). Au-delà de l’approche historique et du travail d’inventaire, cet outil constitue donc un levier culturel et économique que devront prolonger d’autres politiques de réhabilitation, d’animation et de développement local. Elle pourra
notamment être complétée par un plan de sauvegarde et de mise en valeur qui permettrait de réunir tous les acteurs du patrimoine et du développement social, économique et culturel, et qui inscrirait les quartiers concernés dans une notion plus large de développement et d’aménagement.
26 Novembre 2007 - écrit par Mairie de St-Laurent du Maroni


              




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