Saint-Laurent d
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Saint-Louis révèle ses trésors archéologiques


Martijn Van Den Bel, archéologue à l'Inrap depuis 2004 (OC)
Martijn Van Den Bel, archéologue à l'Inrap depuis 2004 (OC)
Martijn Van Den Bel, archéologue à l'Inrap depuis 2004 (OC)
Le site de Saint-Louis, à Saint-Laurent, où se situait le bagne, est encore loin d'avoir dévoilé tous ses trésors. Tandis que les fouilles viennent tout juste d'être terminées dans le cadre d'une opération d'archéologie préventive, les hypothèses vont bon train.


Passionné, Martijn Van Den Bel l'est sans aucun doute. Tout juste revenu de Saint-Louis, près de Balaté à Saint-Laurent, l'archéologue de l'Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives) est volubile sur les découvertes réalisées par son équipe. Ses hypothèses, voire ses espoirs, en attendant d'avoir les résultats des laboratoires, sont séduisantes. La première est la possibilité que ce site aurait accueilli un groupe amérindien au début de notre ère, « entre 70 et 220 après JC » . A l'heure actuelle, peu d'informations existent concernant une période allant « de - 4 000 ans avant JC à 500, 800 ans après JC » , explique l'archéologue. « Il y a comme un vide. Il existe d'autres sites aussi anciens en Guyane, mais ils n'ont pas été fouillés. Celui-ci est le premier » . Encore faut-il que les analyses de laboratoires, qui ne seront pas connues avant plusieurs mois, confirment cette datation. Mais l'archéologue semble sûr de lui.

Des fouilles déclenchées par la construction d'un lotissement

Sur ce site où fut construit le bagne, près d'une tonne de céramiques en bon état a été trouvée (photo Inrap)
Sur ce site où fut construit le bagne, près d'une tonne de céramiques en bon état a été trouvée (photo Inrap)
« Pendant la fouille, on a vu des tessons qui peuvent confirmer cette thèse » . Les archéologues ont en effet pu ramener près d'une tonne de céramiques, en bon état et dont certaines sont totalement nouvelles en Guyane. Ce qui est certain également, c'est qu'ils ont pu exercer leur talent sur un sol fortement anthropisé - c'est-à-dire transformé par l'homme - caractérisé par une couleur noire, et d'une profondeur d'un mètre.

Ces fouilles préventives ont été déclenchées par la construction de lotissements, les travaux ont déjà commencé, à Saint-Laurent. Le conservateur régional de l'archéologie, Gérald Migeon (lire par ailleurs) avait prescrit une zone de « diagnostic » en janvier. Il s'agit d'autoriser les archéologues à jeter « un coup d'oeil » sur la zone pour estimer la valeur d'un site. Lorsque les résultats sont prometteurs, comme c'était le cas ici, le conservateur régional prescrit une zone de fouilles. Celles-ci ont duré dix semaines sur Saint-Louis, de fin octobre 2008 à janvier. Six personnes ont été mobilisées sur une parcelle de près de 8 000 m2. « Mais le site lui-même, estime Martijn Van Den Bel, pourrait potentiellement s'étendre sur 15 hectares » . Un gros site, donc, qui aurait accueilli beaucoup de monde. Deux groupes auraient pu s'y établir, à des périodes différentes, et l'un pourrait trouver ses origines dans un groupe venu de l'Orénoque, au Venezuela.

Samedi, de 9 heures à 13 heures, se déroulera la 5e journée archéologique.
3 Février 2009 - écrit par Propos recueillis par O. C. France-Guyane 31.01.2009


              




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