Saint-Laurent d
Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Senog : Le Navennec et Bertrand condamnés


Un an de prison avec sursis, 200 000 euros d'amende et une privation de tous ses droits civiques pendant cinq ans. Telle est la peine infligée hier à Léon Bertrand par les magistrats du tribunal de grande instance de Cayenne. Une condamnation qui intervient pour des faits de complicité d'abus des biens de la Société d'économie mixte du Nord-Ouest guyanais (Senog), dont le maire de Saint-Laurent assume la présidence du conseil d'administration. L'ancien ministre du Tourisme a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Parallèlement, l'ancien directeur général de la société, Guy Le Navennec, a écopé d'une peine de dix-huit mois de prison avec sursis assortie d'une amende de 300 000 euros. Il est également privé de ses droits civiques pour une durée similaire. Il était poursuivi pour abus de biens sociaux ainsi que pour « faux et usage de faux en écriture » .
Dans l'affaire dite de « la Senog » , il était reproché aux deux prévenus d'avoir oeuvré de manière frauduleuse afin d'attribuer une prime de départ d'un montant de 887 000 euros à Guy Le Navennec. Des faits évidemment contestés par les prévenus lors de l'audience du 11 juin. Néanmoins, hier, le tribunal a rendu un jugement en leur défaveur.

Léon Bertrand est-il fini politiquement ?

Le maire de Saint-Laurent a été condamné mardi à cinq ans de privation de ses droits civiques. Peuvent-ils sonner le glas de sa carrière politique ? Rien n'est moins sûr.

Il ne pouvait pas faire autrement. Quelques heures après l'annonce de sa condamnation à un an de prison avec sursis et à la privation de ses droits civiques pendant cinq ans dans l'affaire de la Senog, mardi, Léon Bertrand n'a pas tardé à réagir. Il a annoncé son intention de faire appel de cette décision. S'il n'avait pas agi de la sorte, il aurait signé sa mort politique. Sans un appel qui suspend la décision du tribunal, le maire de Saint-Laurent aurait été obligé de quitter, séance tenante, la mairie qu'il occupe depuis plus de trente ans. Nul doute qu'il compte encore préserver ce dernier bastion après avoir perdu son poste de député il y a huit ans.
Désormais, l'ancien ministre ne règne que sur sa mairie et sur la communauté de communes de l'Ouest guyanais. « Je me battrai jusqu'au bout » , annonce Léon Bertrand qui, forcément, « ne partage pas » cette décision de justice. En faisant appel, il compte ainsi rester en jeu. Surtout dans le jeu politique qui s'annonce animé dans les mois à venir, notamment avec les élections pour la collectivité unique. Car l'Ouest, il ne faut pas l'oublier, reste un sérieux réservoir de voix pour les potentiels candidats obligés, par la loi, d'éviter les listes cayennocayennaises. Et c'est là que l'influence de Léon Bertrand pourra servir. Une influence, certes amoindrie ces dernières années, mais qui s'étend encore sur l'ensemble du Maroni.
Bien des têtes de listes pourraient être tentées d'en profiter. Ces dernières années, l'entente entre Rodolphe Alexandre et le maire de Saint-Laurent a perdu en intensité. Surtout que Guyane 73, cher au président de Région, avait soutenu Diana Joje-Pansa, candidate face à Léon Bertrand lors des dernières municipales. L'autre candidat déclaré, Alain Tien-Liong, semble tisser, ces derniers temps, des liens sérieux avec le maire de Saint-Laurent. Mais la politique est loin d'être une science exacte. Et Léon Bertrand est loin d'être fini. S'il n'obtient pas satisfaction en appel, il pourra toujours faire un pourvoi en cassation devant le conseil d'État. Tout cela peut prendre bien du temps, voire durer jusqu'à la prochaine élection municipale. Alors même s'il a été sonné mardi à l'annonce du verdict, le maire de Saint-Laurent n'est pas encore par terre.


13 Août 2014 - écrit par Source - France-Guyane B.D & K.A


              





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