Saint-Laurent du Maroni

Suicide et ados : l’urgence du dialogue

Un lycéen sur quatre a eu ou aura un projet de suicide. Depuis une quinzaine d’années, il y a plus de décès par suicide que par accident de la circulation. Pourtant, et contrairement aux idées reçues, la prévention du suicide passe en priorité par le dialogue. Oser en parler avec une personne au comportement suicidaire ne peut que lui apporter un soulagement et l’aider dans le bon sens.


Suicide et ados : l’urgence du dialogue
Comment deviner qu’un jeune est à risque de suicide ?

Ce n’est pas facile, mais repérer des changements de comportement peut donner un signal d’alarme : adoption de conduites à risques, humeur dépressive ou impulsive, circonstances pénibles (troubles familiaux, difficultés sociales, maladie, etc.), repli sur soi, absentéisme ou échecs scolaires, etc.



Comment l’aider ?

En engageant le dialogue ! Il s’agit souvent d’un signal de désespoir que l’on saisit au vol. Il faut toujours le prendre très au sérieux. Même sans être un professionnel, votre rôle peut être vital. Il vous suffit d’exprimer votre compréhension face à une souffrance qui se dévoile. Laissez parler, afin d’amener votre interlocuteur à exprimer son besoin important d’être écouté. Osez dialoguer et poser des questions très directes (Es-tu en danger ? Souffres-tu ? As-tu des idées noires ? Es-tu au point de penser à mourir ? As-tu déjà tenté de mettre fin à tes jours ? Y penses-tu maintenant ? etc.). Les personnes qui survivent au suicide affirment toutes que le fait d’en parler leur a fait du bien, notamment en leur apportant un soulagement ; les psychiatres le confirment. L’idée n’est pas de lui dire que ce n’est rien, qu’avec le temps ça s’arrangera ou que c’est mal, car ces arguments aggravent le sentiment de culpabilité. Il faut l’encourager à dévoiler ce qu’il a sur le cœur, à dialoguer et à ne pas rester seul avec sa détresse pour une telle décision. Tentez de comprendre les problèmes qui motivent son envie de mourir. Et surtout, montrez-lui que vous tenez à lui et qu’il n’a pas besoin de menacer de se suicider pour s'assurer de votre compréhension.

Et enfin, ne restez pas seuls tous les deux. Allez chercher de l'aide auprès des professionnels, médecins, travailleurs sociaux, infirmières scolaires, enseignants, éducateurs, animateurs, associations d'aide et d'écoute, centres médico-psychologiques.

Les signes avant-coureurs
Ces indicateurs ne doivent pas être pris isolément. L’addition de plusieurs d'entre eux doit alerter l'entourage.

Signes psychologiques
• État dépressif
• Incapacité à prendre du plaisir
• Sentiment de désespoir
• Tristesse intense, mélancolie
• Faible contrôle émotionnel
• Baisse d’estime de soi
• Difficulté de concentration et troubles de la mémoire
• Anxiété, angoisse, peur
• Agressivité, rage
• Phobie temporaire
• Humeur instable
• Culpabilité
• Incapacité à faire des projets

Signes biologiques
• Troubles alimentaires (perte d’appétit ou boulimie)
• Perte de poids
• Perte de tonus musculaire
• Fatigue inhabituelle
• Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
• Malaise physique divers

Messages directs
• Je veux mourir, je veux en finir
• Je ne tiens plus à vivre, ça ne vaut plus la peine, pourquoi vivre ?
• La vie ne me dit rien
• Je serais mieux mort
• Vivre est une corvée
• Je vais me suicider
• Je ne m'en sortirai pas
• Je ne vous embarrasserai plus longtemps, vous allez avoir la paix

Messages indirects
• Bientôt, je vais avoir la paix
• Je pars pour un long voyage
• J'ai fait mon testament
• Je suis inutile, j'échoue partout, je déçois tout le monde, je porte la poisse
• Je suis dans l'impasse, Il n'y a plus d'espoir, plus d'issue
• Je n'ai pas de place dans la société
• Quoi faire pour laisser mon corps à la science ?
• Je le trouve courageux de s'être suicidé
• Vous serez mieux sans moi
• Je ne compte plus pour personne
• J'ai tout raté dans la vie, elle n'a plus de sens
• Merci pour ce que tu as fait pour moi

Actions et comportements
• Lecture sur le suicide et la mort, intérêt pour la mort et l'au-delà
• Une précédente tentative
• Rédaction d’un testament
• Don insolite d'objets de valeur : guitare, mobylette, planche de surf...
• Isolement, retrait, abandon d'activités
• Rémission spontanée
• Sérénité soudaine
• Faire la paix avec son entourage
• Agressivité inhabituelle
• Intérêt soudain pour un voyage, pour les armes, les médicaments, etc.
• Laisser-aller personnel (hygiène, vêtements)
• Dégradation des résultats scolaires ou, au contraire, surinvestissement accompagné de stress, d'angoisse
• Absentéisme scolaire, fugue
• Consommation abusive d'alcool, de tabac, de drogues, de médicaments...
• Prises de risque excessives

Suicide et ados : l’urgence du dialogue
Taux de suicide par tranches d’âge entre 1965 et 1995
Le graphique ci-contre décrit l’évolution du taux de suicide par tranches d’âge entre 1965 (courbe en bleu) et 1995 (courbe en rouge). On remarque ainsi une proportion de jeune suicidants bien plus importante qu’auparavant. En revanche, la courbe s’infléchit nettement aux alentours des 50-70 ans, alors qu’on observait un pic en 1965. Les taux de suicide des moins de 40 ans ont donc clairement doublé, tandis que ceux des sexagénaires ont baissé d’un quart. Cette forte hausse traduit la souffrance d’une génération de jeunes et il faut être très vigilant.


A lire : http://www.e-sante.fr/francais/article.asp?idarticle=6054&idrubrique=4#top
10 Février 2004


              






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