Saint-Laurent du Maroni, Capitale de l'ouest de la Guyane Française

Un problème régional qui appelle des solutions régionales.

Etat des lieux de l’orpaillage illégal sur le Haut Maroni:


Un problème régional qui appelle des solutions régionales.
Le WWF a réalisé, entre le 09 et le 13 mars 2009, une mission sur le Haut Maroni afin de rencontrer les habitants des villages de de Twenké, Taluwen, Antécume Pata et Cayodé. Ce déplacement s’inscrit dans une démarche d’état des lieux de la problématique de l’orpaillage clandestin, et de ses impacts auprès des populations locales.
Treize mois après l’annonce présidentielle de mise en place des opérations « Harpie », et huit mois après l’allègement du dispositif, un mitigé bilan est tiré localement. Si le renforcement de la lutte contre l’orpaillage clandestin menée au cours du premier semestre 2008 est saluée, une forte préoccupation est maintenant palpable quant à la reprise effective de ces opérations. Comme l’explique un habitant du village de Taluen : « La pire période pour nous, s’est étalée de juillet 2008 à février 2009.
Durant toute cette période, l’eau du fleuve Maroni était blanche. On ne pouvait pas l’utiliser.
C’était impossible de nous laver, de faire la toilette de nos enfants, de laver notre linge, de pêcher ». Ainsi, la majorité des habitants rencontrés salue l’installation récente d’un poste des forces armées dans le village de Twenké et le renforcement du barrage fluvial sur le Tampock, qui a permis la diminution des va-et-vient des pirogues ravitaillant les sites illégaux.
Mais, comme en témoignent les pistes ouvertes en forêt pour contourner les barrages, ainsi que la réorganisation et la multiplicité des circuits d’approvisionnement, les forces d’intervention auront à faire face à des réseaux de communication et de logistique de mieux en mieux structurés.
Ainsi selon les témoignages recueillis, le début de la saison des pluies a déjà permis un acheminement
conséquent de matériel et de vivres sur les sites clandestins. Le caractère transfrontalier du Maroni
implique aussi que les forces de l’ordre françaises n’ont pas la légitimité pour appréhender les piroguiers arborant un pavillon surinamais. De nombreux habitants dénoncent le stratagème utilisé par certaines pirogues qui, après avoir prétendu se rendre au Suriname, viendraient ravitailler les sites illégaux en Guyane.
Pour le WWF, face à ce contexte transfrontalier si spécifique et complexe, les actions des forces de l’ordre françaises devront travailler de concert avec leurs homologues surinamais et brésiliens pour porter leurs fruits. Á l’instar de l’accord bilatéral franco-brésilien signé le 23 décembre dans le domaine de la lutte contre l’exploitation aurifère illégale dans les zones protégées ou d’intérêt patrimonial (en annexe), le WWF encourage le rapprochement entre États français et surinamais afin d’optimiser les efforts de lutte contre l’orpaillage clandestin, afin de répondre aux fortes attentes exprimées localement dans ce sens.
23 Mars 2009 - écrit par Communiqué WWF


              

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