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Une bénévole d'Aides mise en examen pour proxénétismeUne prostituée travaillant pour l'association de lutte contre le sida est suspectée d'aider des clandestines à vendre leur corps et de leur demander de l'argent. Placée en détention provisoire au début du mois, elle a été libérée mardi.
Voilà une situation problématique pour Aides, association de lutte contre le sida, à Saint-Laurent du Maroni. Le 4 novembre, une de ses bénévoles, prostituée, a été arrêtée par la police aux frontières (Paf). Les fonctionnaires enquêtent sur un réseau présumé de prostitution. Le lendemain, un juge d'instruction met en examen la bénévole, pour aide au séjour d'étrangers en situation irrégulière et proxénétisme. Aides, de son côté, envisageait de l'embaucher bientôt.
L'enquête a démarré deux semaines plus tôt. Un témoin dénonce cette Guyanienne en situation régulière à la Paf. Il prétend qu'elle se rend à Georgetown pour recruter des adolescentes de 12 ou 13 ans. Elle les installerait ensuite au village saramaca de Kourou, où elles se livreraient à la prostitution. Il semble que, pour le moment, le juge d'instruction n'ait pas démontré la véracité de ces accusations. Pour son avocat, Jérôme Gay, les affirmations du témoin relèvent de la « jalousie » . D'autres éléments, en revanche, ternissent l'image de la bénévole. Des jeunes prostituées guyaniennes, interrogées par la Paf, disent qu'elles vivent chez leur compatriote, aux Malgaches à Saint-Laurent, et qu'elles s'installent parfois dans l'appartement qu'elle possède au village saramaca de Kourou. Une autre, en situation irrégulière, est arrêtée avec la carte de séjour de la bénévole. Cette dernière reconnaît qu'elle héberge des prostituées chez elle et qu'elle leur demande une participation financière. « C'est pour payer l'électricité. Je ne leur demande rien. » Elle vérifie aussi leur test VIH. Quant à les emmener jusqu'à Kourou, elle le conteste en bloc. En perquisitionnant chez elle, les policiers ont trouvé deux filles en train de dormir, de nombreux sacs de voyage et 450 euros en liquide. Pour son avocat, le juge d'instruction n'a pas cherché d'éléments à décharge, pendant ces premières semaines d'enquête. Au parquet général, on admet que « le juge d'instruction se pose la question » des allers-retours au Guyana et qu'on n'est « pas dans le cadre d'un proxénétisme organisé » . Mardi, après dix-sept jours derrière les barreaux, la bénévole a été remise en liberté, sous contrôle judiciaire. Jeudi 24 Novembre 2011
P-Y C - Source France-Guyane
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