Saint-Laurent du Maroni

Vente d'alcool aux mineurs : le commerçant s'explique

Fin juin, le Super William de Saint-Laurent a été fermé par le sous-préfet. Une première dans la commune. Le gérant raconte sa peur de certains jeunes et se présente comme un bouc émissaire.


Vente d'alcool aux mineurs : le commerçant s'explique
Le Super William de Saint-Laurent du Maroni est le premier magasin fermé pour avoir vendu de l'alcool à des mineurs. Son patron, Hong Qunjie, s'explique.b[

Que s'est-il passé le jour où les gendarmes ont contrôlé des jeunes en train de boire de l'alcool devant votre magasin ?

Apparemment, j'aurais vendu de l'alcool aux jeunes du collège Paul-Jean-Louis. Je ne l'ai pas fait. Des gens sont venus acheter des boissons alcoolisées.

Quelqu'un de majeur a acheté beaucoup de boissons dans un carton et l'a placé devant le magasin. Puis il y a eu de plus en plus de jeunes qui sont venus boire devant le magasin. C'est dans leurs habitudes. Je n'y peux rien. La loi n'interdit pas de vendre de l'alcool aux majeurs. Si ce majeur partage ce qu'il a acheté avec des mineurs, je ne suis pas coupable.

Quelles sont vos relations avec les jeunes du quartier Vampires ?

J'ai peur de certains jeunes de ce quartier. Je subis beaucoup de violences verbales de leur part, quand je ne fais pas ce qu'ils veulent. Je préfère rester dans mon coin et ne pas avoir d'histoires. C'est mieux pour moi et ma famille. Ici je ne connais personne, à part des clients qui acceptent de me dire « bonjour » . J'ai le sentiment que les jeunes font la loi. Les plus vieux n'ont rien à dire, voire rentrent dans leur jeu.

Combien pensez-vous avoir perdu pendant ces trois semaines de fermeture ?

Pas moins de 5 000 euros. Les derniers jours avant les grandes vacances, les élèves des autres lycées aiment venir devant le magasin et faire la fête avec leurs camarades. C'est là que je me fais le plus d'argent. Je ne pense pas que ça soit une coïncidence que le magasin soit fermé à ce moment de l'année. Le dernier jour avant les grandes vacances, les gendarmes savent qu'ils devront intervenir devant le magasin et les établissements scolaires. La fête commence devant le magasin et ça finit à La Charbonnière. Chaque année c'est ainsi.

Vous considérez-vous comme un bouc émissaire ?

Oui, parce que d'autres commerçants vendent de l'alcool aux jeunes. Mais ce quartier est considéré comme dangereux. D'autres avant moi, ici, ont vendu de l'alcool aux jeunes. On ne leur a rien fait.

Que comptez-vous faire pour ne plus vendre d'alcool aux jeunes ?

Il me sera difficile de savoir qui est majeur ou pas, dans ce quartier. Pour moi, les jeunes se ressemblent tous et ne font pas leur âge. Je ne peux pas toujours leur demander leurs pièces d'identité. Je ne suis pas de la police.
Même si je voulais, je ne pense pas qu'ils me les montreraient. Je suis le seul commerçant du quartier. Ils étaient coincés pendant les trois semaines. Il faut que les jeunes arrêtent. Sinon, comment feront-ils si je ferme définitivement ?
11 Juillet 2012 - écrit par Source France-Guyane -Propos recueillis par Fabienta PROSPER


              







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