Elections municipales: La gauche, communauté sans tête, mais avec des idées.

La formation "Ensemble, unis pour le changement", qui rassemble différents courants de la gauche, brigue la mairie de Saint-Laurent. Mais ses porte-parole se refusent, pour le moment, à dévoiler une tête de liste.


Elections municipales: La gauche, communauté sans tête, mais avec des idées.
Si la gauche s'empare de la mairie lors des élections de mars prochain, qui sera le maire? La question paraît aussi simple que légitime. Pourtant, dans les rangs de l'union fraîchement dévoilée, elle agace et se heurte à des rires narquois. En effet, pour l'heure, les porte-parole du mouvement "Ensemble, unis pour le changement" (EUC) ne souhaitent mettre en avant qu'un seul et unique élément : leur projet. "Nous sommes un groupement jeune, et nous ne voulons pas que se pérennise le culte de la personnalité, martèle à l'envie Joseph Régis. Notre priorité n'est pas d'installer un chef de file. Ça viendra en temps et en heure." Une prudence et une discrétion qui tranchent avec l'impatience de la formation à exposer son programme aux médias. Car, si l'EUC n'a pas encore de tête, elle a des idées. Un début.
Le mouvement est né de la réunion et d'un travail commun mené par des représentants de quatre partis. Les Verts, le PSG (Parti socialiste guyanais), le PS et le MDES (Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale). Même si ce dernier affirme ne pas appartenir à la nouvelle formation (voir article). De fait, Alain Mouëza rappelle que l'EUC n'est pas "une affaire de partis", même s'il est issu "d'une démarche de partis". La nuance est mince, mais elle a son importance. Mouvement de gauche avant tout, par conséquent. Sans doute aussi un moyen d'éviter de répéter les erreurs passées. Comme, pour exemple, de surprenantes ententes entre le candidat sortant et des partis dont la fonction supposée est celle d'opposant, pas d'allié.

Pour décrire ses objectifs, l'EUC emploie le terme de rupture. Un principe qui s'applique à la politique de la ville conduite depuis 25 ans par Léon Bertrand. "Saint-Laurent est aux mains d'une personne omnipotente, d'un pouvoir vieillissant, lance Alain Mouëza. Il y a des habitudes paternalistes dont on veut se détacher. On pense qu'il sera assez facile de convaincre la population de suivre un groupe plutôt qu'une seule personne. Il faut que les gens sentent qu'il y a une force qui s'occupe d'eux. On ne veut plus d'un seul homme pour gérer la municipalité." Pour ce faire, l'EUC entend recentrer son action sur les compétences de base de la commune.

Tout d'abord, le mouvement prône la mise en place d'une "nouvelle gouvernance". L'idée étant d'impliquer davantage la population dans la vie politique de la cité. "Il faut que les quartiers, les villages, les associations et les parents d'élèves soient consultés", insiste Alain Mouëza. Conseils de quartiers, référendum local, etc. Une démocratie participative des plus actives, en somme. Les propositions fusent, un peu dans le désordre, comme pour mieux illustrer l'enthousiasme des prétendants. Le problème du logement social, la création de parcs publics et de jardins d'enfants, l'assainissement, l'embellissement de la ville, les accès réservés aux personnes handicapées, l'école, la voirie... L'urbanisme, justement, est présenté par l'EUC comme "la première science de la politique de la ville". Les abords des établissements scolaires "mal équipés", une gestion des transports qui confine au "désordre", les difficultés ne manquent pas. "On pense que l'on peut déconcentrer et dynamiser la politique de la ville", ponctue Alain Mouëza.

Dans sa quête, l'EUC va devoir faire face à une contradiction majeure. Celle de ne pas désirer "faire compagne contre Léon Bertrand". Alors même que les projets du mouvement consistent à rompre avec la politique d'un maire sortant qui, de plus, entend briguer un énième mandat. L'exercice risque de s'avérer délicat. Une question qui, néanmoins, est loin de tarauder le mouvement d'union de la gauche. "On n'a pas commencé à faire de la politique à la veille des élections, sourit Alain Mouëza. Ça va bien se passer." Il ne reste plus qu'à désigner une tête de liste.


7 Novembre 2007 - écrit par T.F Source France-Guyane


              

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