Saint-Laurent du Maroni

Les Chefs Coutumiers, conservateurs des traditions.

Le Conseil Général souhaite redonner leur place aux chefs coutumiers qui, depuis quelque années, ont vu leur rôle s’amenuiser et leur condition se dégrader. Un grand nombre d'entre eux n'ont plus de rémunération, ni de costumes. Une grande réflexion est e


Les Chefs Coutumiers, conservateurs des traditions.
Garant de la famille, représentant d'un peuple, le rôle de chef coutumier est une grande responsabilité. C’est à lui qu’incombe de prendre toutes les décisions juridiques et culturelles de sa nation. Selon l'ethnie, il doit incarner toutes les connaissances et l'histoire de celle-ci. Autrefois, cette nomination exigeait de réelles qualités de l'homme, qui souvent devait prouver son héroïsme afin de gagner le respect des siens. Il est regrettable que cette fonction se dégrade lentement au rythme du fleuve se jetant à la mer, au fur et à mesure de l’exode des populations du Maroni s’en allant chercher plus de confort sur le littoral. Le mode de vie de ces habitants était naguère basé sur la culture et la tradition, mais aujourd’hui, l'argent est comme partout ailleurs un acteur indispensable. Avant la décentralisation, la fonction de chef coutumier, qui n'existe pas dans la Constitution Française, était malgré tout rémunérée par l'État (la Préfecture). Entre temps cette fonction a perdu le respect et la reconnaissance qu’on lui devait et les Chefs Coutumiers ont peu à peu perdu leur autorité et leurs ambitions. C’est devant ce constat que le Conseil Général, à qui a été transférée cette compétence, a décidé d’entamer une réflexion afin de définir au mieux cette fonction.
Actuellement 32 Chefs bénéficient d'une aide financière, mais lors d'un décès, la charge est enterrée avec l’homme et il n’y a pas de procédure de remplacement. «Pour trouver un cadre formel, nous avons mené une longue réflexion sur le sujet. Nous avons la certitude, comme les populations concernées, que le rôle d'un Chef Coutumier mérite d'être pris en compte. Depuis que cette fonction a été transférée à la compétence du Conseil Général, nous avons assuré la rémunération d’un certain nombre de Chefs mais il est vrai que cela nous cause un problème statutaire, car il n'y a pas de dotation pour cela et malgré tout, ils doivent être rémunérés. Ces intervenants possèdent une grande qualité dans la société, ce sont avant tout des médiateurs. Ce rapport va permettre de trouver un cadre spécifique à leur rôle. D'ailleurs nous avons mis en place un premier rapport qui a été ajourné, mais nous avons rencontré certains grand-mans ", explique un membre du Conseil Général. Dans ce rapport n°76 -03-DGSD/2003, il est mentionné que 55 chefs coutumiers seraient concernés.
"Avant, nous n'avions pas besoin d'aide financière pour assurer cette fonction qui est naturellement transmise par les anciens. Aujourd'hui on ne peut rien faire sans argent et la population est de plus en plus diversifiée. Depuis ma nomination, comme pour beaucoup d'autres, la politique a bouleversé tout le système et si on ne joue pas le jeu, on a pas de crédibilité ", témoigne Balance Maunier, Chef Coutumier qui attend depuis 10 ans d’être reconnu.
En effet, les choses ont évolué dans le sens de la politique politicienne car les chefs coutumiers ont intérêt à posséder la carte d'un parti politique s’ils veulent pouvoir bénéficier d'une aide financière, en cas, bien sûr, de résultat favorable du dit parti aux élections.
Selon le rapport, un Chef coutumier sera payé par rapport à son grade : un gran-man touchera 520,41 euros, un capitaine 312,25 euros et un lieutenant 208,16 euros. Le Conseil Général souhaite également, dans un bref délai, vêtir ces Chefs, et pour ce faire, toutes les informations ont été récoltées sur place. Les Chefs attendent donc la livraison de leurs costumes et éventuellement un premier salaire.

La coutume est aussi une affaire de femmes

Les Chefs Coutumiers, conservateurs des traditions.
La transmission du pouvoir coutumier fait partie des droits fondamentaux de certains peuples. Brigitte Wyngarde a hérité de cette charge qui était autrefois la responsabilité des hommes. Depuis 1999, cette femme de 33 ans joue pleinement son rôle de Capitaine du village Balaté. Pour mieux se positionner dans sa population, elle est également Présidente de l'association "Anabalokono". Ses principaux combats sont la défense de sa population, d'une partie de terre pour la survie des siens et surtout l'organisation sociale. L’une des premières femmes à porter ce titre, Brigitte possède suffisamment de culture pour répondre aux besoins de la population de Balaté.
« Notre communauté ne s'est pas enfermée dans des préjugés. Les femmes y ont toute leur place. La participation des femmes s'est accrue, notamment au sein des assemblées et conseils de villages », déclare-t-elle. « Souvent on a tendance à croire que la culture est de plus en plus menacée ou ne résiste pas à la modernisation. Il est nécessaire qu'elle évolue librement et de façon consciente. Si elle est bouleversée du fait de la volonté et de la pression arbitraire, là c'est dangereux. Ceci dit notre organisation sociale, basée sur la terre collective et le village est un élément essentiel de notre culture. »

5 Novembre 2003 - écrit par REDACTION


              



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