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La gestion de Gérard Amayota intéresse les jugesL'ancien maire Gérard Amayota a été placé en garde à vue hier à la gendarmerie de Saint-Laurent. Il est soupçonné d'avoir fait payer par la commune des achats et des travaux pour lui et d'autres habitants d'Apatou.
APATOU. Il avait l'habitude de parcourir les kilomètres qui séparent Apatou de Saint-Laurent du Maroni sur son jet-ski. Hier, Gérard Amayota les a accomplis en voiture, sous escorte des gendarmes qui venaient de l'interpeller avant de le placer en garde à vue. L'ancien maire d'Apatou en a peut-être profité pour observer l'avancée des travaux financés par la Région, dont il est toujours un élu.
Les choses se sont accélérées hier pour Gérard Amayota. Depuis les élections municipales de l'an dernier, il devait s'y préparer. Les élus de la nouvelle équipe, menés par Paul Dolianki, ont d'abord commandé un audit sur la gestion de ceux qui les avaient précédés. S'en est suivie une plainte avec constitution de partie civile, déposée directement auprès du procureur de la République à Cayenne. Une information judiciaire a été ouverte et le juge Samuel Finielz a été saisi du dossier. Dès lors, il ne faisait plus guère de doutes que Gérard Amayota aurait à s'expliquer tôt ou tard devant les enquêteurs. C'est le cas depuis hier matin. À 6 heures, des enquêteurs de la brigade de recherche de Saint-Laurent du Maroni et du Groupe d'intervention régional, ainsi que des gendarmes mobiles se sont présentés chez l'ancien maire. Ils l'ont interpellé et placé en garde à vue. Ils ont aussi placé José Apatou, ancien adjoint de Gérard Amayota, Carmen Quintie, membre de l'association Les Femmes du fleuve, Édouard Kofi, agent communal, une employée de la mairie à l'école maternelle : Ursula Baya ainsi que deux membres de sa famille, Milten et Purci Baya. Les sept mis en cause ont passé la journée à la compagnie de gendarmerie de Saint-Laurent du Maroni. Selon nos informations, ils ont nié l'intégralité des faits qui leur sont reprochés. Dans la soirée, ils ont tous été remis en liberté, sauf l'ancien maire. Celui-ci est soupçonné d'avoir fait payer par la mairie des achats personnels, ainsi que des travaux. Le juge d'instruction s'interroge par exemple sur l'acquisition et l'utilisation du fameux jet-ski au guidon duquel le maire était souvent vu. Des questions se posent aussi pour de l'outillage. Enfin, les enquêteurs le soupçonnent d'avoir fait réaliser des travaux au domicile de plusieurs habitants de la commune, toujours aux frais de la municipalité. Les mouvements sur ses comptes bancaires et postaux ont également été auscultés dans les détails. Il semblerait qu'il n'y ait pas eu d'enrichissement personnel. En revanche, lors des perquisitions chez les sept personnes arrêtées hier matin, les enquêteurs ont mis la main sur de nombreux documents administratifs qu'ils vont analyser dans les prochaines heures avant de les confier au juge d'instruction. La garde à vue de l'ancien maire pourrait se poursuivre ce matin, avant une probable présentation au juge d'instruction. Celui-ci pourra, le cas échéant, prononcer sa mise en examen. De l'avis de plusieurs connaisseurs du dossier, l'ampleur de l'affaire ne serait pas du niveau de ce que l'on a pu connaître par le passé. « Ce n'est pas une affaire Polony bis » , résume l'un d'eux. Pierre-Yves CARLIER
Placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches de la gendarmerie de Saint-Laurent pendant près de trente- huit heures, l'ancien maire d'Apatou, Gérard Amayota, a été relâché hier soir, peu avant 20 heures. Visiblement très éprouvé, il a déclaré ne pas s'être alimenté depuis son placement en garde à vue. « C'est volontairement que je n'ai pas mangé, a-t-il indiqué. Je suis épuisé. Maintenant j'ai besoin de me reposer et de passer du temps avec ma famille. » Des proches qui sont venus l'accueillir au sortir de la gendarmerie. Sur les faits et le contenu de sa garde à vue, Gérard Amayota n'a pas souhaité s'exprimer « pour le moment » . Les six autres personnes entendues par les enquêteurs ont été remises en liberté dès mardi soir. Toutes sont soupçonnées d'avoir fait payer par la commune des achats et des travaux pour leur usage personnel. Selon une source proche de l'enquête, l'ancien maire ne devrait pas être mis en examen. © T.F
Mercredi 27 Mai 2009
Source © France Guyane
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