La commune

Historique de Saint Laurent du Maroni



Vue Aérienne du quartier officiel
Vue Aérienne du quartier officiel
L’emplacement de la cité actuelle, est occupé bien avant l’époque précolombienne par les populations amérindiennes, et le petit village qui coule des jours tranquilles sur la rive droite du fleuve MARONI porte le nom de son chef "KAMALAGULI". C’est une région où tout est eau et forêt avec comme voie de pénétration naturelle un réseau fluvial qui est encore le principal moyen de communication vers l’intérieur. De ces populations amérindiennes ne subsistent que deux ethnies différentes, réparties dans des villages alentours, les Lokono et les Kaliña, qui assurent la gestion commune de leurs terres dans le respect du droit coutumier. Leur intégration se concrétise de jour en jour par une évolution des structures sociales et la diversification de leurs activités: culture en abattis et travail salarié.

Dans le courant du XVII° et XVIII° siècles, les berges du Maroni voient affluer de nouvelles populations. Des colons européens et leurs esclaves, puis des Busi - Nenge, descendants des esclaves rebelles fuyant les plantations du Surinam, pays limitrophe. C’est ainsi que nous retrouvons, en pleine expansion démographique, quatre grands groupes tribaux, les Boni, les Ndjuka, les Paramaca et les Saramaca, établis dans des quartiers du bourg ou dans les villages qui l’entourent. Grands navigateurs du fleuve, les piroguiers noirs - marrons sont devenus les spécialistes incontournables tant dans l’art de fabriquer leurs pirogues que dans celui de les piloter tout le long des 480 kms. du fleuve Maroni, pour le convoyage de fret ou de passagers jusque dans le Lawa ou Haut Maroni. Agriculteurs pour leurs besoins personnels, artisans et orateurs de grand talent, les Busi - Nenge font preuve dans tous ces domaines d’une approche esthétique.

Le marché de la ville
Le marché de la ville
La découverte de l’or, quelques années seulement après l’abolition de l’esclavage, vers 1850, marque profondément la structuration de la société créole. Non seulement les esclaves libérés quittent les plantations pour la recherche et l’exploitation des mines en forêt, mais ils sont rejoint par les Créoles en provenance des îles de la Caraïbe: Martinique, Guadeloupe, Dominique et surtout Sainte – Lucie. Ces Caribéens se fixent dans la région de Saint Laurent, dynamisant ainsi l’exploitation aurifère et le commerce. Cette période marque parallèlement la disparition des Blancs créoles, qui ne pouvaient rétablir une situation compromise par le départ de la main d’œuvre issue de l’esclavage. Cette disparition contribue à donner à la culture créole guyanaise une plus grande unité due au partage par tous d’une ascendance africaine. Représentant 75% de la population totale, il y à vingt ans, le nombre de Créoles diminue en valeur relative par rapport à l’ensemble formé par les autres communautés.

Le port piroguier
Le port piroguier
L’exploration du fleuve Maroni se poursuit dans les années 1820 - 1821 sur l’initiative du Gouverneur, le Baron de LAUSSAT. Mais c’est en 1852, que le Lieutenant de Vaisseau CARPENTIER, en mission de reconnaissance, découvre dans cette région du Maroni l’établissement Kappler où vit dans un parfait état de santé, une quarantaine de familles, venues du Friedland, région de la mer du Nord. Dans cette même période pour palier le manque de main d’œuvre nécessaire au développement de la colonie, la colonisation par la déportation est restaurée par l’implantation du bagne, et le 31 mars 1852, c’est le premier transport de la “deuxième phase” de l’histoire de la déportation vers la Guyane. Les bagnards sont affectés dans l’Est de la Guyane à la construction d’une infrastructure routière, mais surtout, ils sont employés à créer des pénitenciers, presque aussitôt abandonnés en raison d’une trop forte mortalité due à l’insalubrité des lieux. Dans ce contexte, le Général SARDA - GARIGA, a pour mission de rechercher des terres plus hospitalières, et son choix se fixe dans la zone de l’établissement du sieur Kappler, sur la rive droite du Maroni. C’est ainsi que des relégués venant des pénitenciers de Saint Georges et de la Montagne d’Argent commencent les défrichements qui doivent servir à l’implantation des futurs pénitenciers du Maroni.

Le camp de la transportation
Le camp de la transportation
Les travaux interrompus reprennent sur l’initiative du Commandant MELINON, qui débarque avec 24 transportés le 23 août 1854. Cet emplacement est définitivement adopté dès que le Contre - Amiral Auguste Laurent BAUDIN, Gouverneur de la Guyane depuis le 16 février 1856, le baptise SAINT LAURENT DU MARONI le 21 février 1858, en mémoire de son père et de son grand - père qui se prénomment Laurent comme lui. Le vrai travail de colonisation commence alors, et Saint Laurent devient pénitencier agricole. L’idée de développer l’économie de la Guyane en prenant l’exemple australien prend en effet forme. La région devient un exemple et des concessions où l’on cultive bananes et cannes à sucre sont exploitées par des condamnés. Des chantiers forestiers sont ouverts et en particulier ceux de Saint Jean et de Sparouine.

Parallèlement, le gouvernement fait appel à des travailleurs portugais, africains et indiens. C’est de cette époque que datent également les premières vagues d’immigration venues d’Asie, dont les Chinois constituent le groupe le plus important. Arrivés de Changaï et Canton pour relancer l’agriculture, ces derniers se reconvertissent dans les commerces de l’alimentation de détail et d’articles de bazar, marché sur lequel ils sont actuellement les plus nombreux et incontournables.

La mairie
La mairie
L’année 1859 voit arriver le premier convoi de femmes condamnées, toutes volontaires et choisies parmi celles qui peuvent retrouver une vie normale en fondant un foyer. Devant l’échec de cette tentative, les convois sont interrompus en 1905.

La situation sanitaire des bagnards devient catastrophique, Napoléon III décide en 1867 de ne plus envoyer de condamnés blancs en Guyane et de les diriger en Nouvelle-Calédonie au climat plus sain. Pendant 20 ans, Saint Laurent du Maroni ne reçoit plus aucun Européen. Mais le bagne de Guyane subsiste. Saint Laurent du Maroni devient le siège de l’administration pénitentiaire : le 15 septembre 1880, la ville ( exemple unique ) est érigée en Commune pénitentiaire spéciale ; le Directeur de l’Administration Pénitentiaire s’y installe comme maire, et une commission municipale est nommée.

La reprise de la transportation des relégués européens reprend en 1887. Avec l’arrivée fréquente des convois de condamnés, la ville , construite en damier, s’agrandit régulièrement pour s’articuler en trois quartiers: le quartier officiel qui regroupe la majorité des administrations et des logements des responsables de l’administration pénitentiaire et communale ; la ville coloniale, découpée suivant un parcellaire régulier, destinée aux concessionnaires ; le quartier du Camp de la transportation, de la caserne de gendarmerie et de l’hôpital. L’architecture de qualité et l’organisation urbaine font que Saint Laurent du Maroni est surnommée le “ Petit Paris “ de la Guyane.

Mais cela cache mal l’échec de la colonisation pénale. Dès 1924 une voix s’élève, celle d’Albert LONDRES. Dans le Petit Parisien du 6 septembre le reporter interpelle le Ministre des Colonies, M. Albert SARRAUT, en clamant avec force: “Ce n’est pas des réformes qu’il faut en Guyane, c’est un chambardement général”. Puis, M. Gaston MONNERVILLE, député de la Guyane, entame dès son élection en 1932 un combat pour la fermeture du bagne. Avec l’appui de l’opinion publique française, bouleversée par les révélations de la presse, il obtient que les premiers libérés quittent Cayenne pour la France en 1934.

Le centre ville
Le centre ville
Le 17 juin 1938, un décret - loi met fin au bagne, en 1946 ce dernier est définitivement fermé, et c’est en août 1953 que les 132 derniers condamnés quittent cette terre de la grande punition.

La France panse ses plaies de guerre alors que le décret du 9 novembre 1949, érige en commune de plein exercice Saint Laurent du Maroni. De ce fait, abandonnant son ancien statut de “commune pénitentiaire” le chef - lieu d’arrondissement trouve sa place légitime dans ce Département français de l’Outre-Mer, avec ses droits et ses obligations.

2000 habitants en 1880, 5 055 en 1914, 6 971 en 1982, 13 616 en 1990 et plus de 20 000 en 2002, Saint Laurent du Maroni, sous préfecture, occupe la deuxième place des Communes de Guyane, avec 4 830 km2, après Cayenne et avant Kourou. Cette progression démographique s’explique par un taux de natalité très important, mais aussi par une immigration permanente due à sa position de ville frontalière avec le Surinam.
Saint Laurent du Maroni se caractérise par sa mosaïque ethnique, dont on explique les origines dans les lignes précédentes, mais également par la grande jeunesse de sa population dont plus de 60% a moins de 25 ans. Le chômage y est important par l’absence d’entreprises productives importantes, mais la capitale de l’Ouest guyanais dispose des structures administratives et financières de l’Etat et du Département et aussi des organismes de formation, d’une zone franche urbaine et d’un contrat de ville qui permettent le développement de nombreux services et des activités liées aux commerces, qui se verront prochainement dopés par le projet de réactivation du port en eau profonde sur le Maroni.

Le port de l'Ouest
Le port de l'Ouest
La dimension historique de la ville et sa notoriété internationale liées à une politique volontariste de rénovation et d’embellissement entraîne un flux croissant de touristes qui devraient dépasser prochainement les 30 000 par an. Les visites des sites classés , le marché pittoresque aux fruits et légumes, l’offre globale touristique de Saint Laurent du Maroni et de ses environs, ses animations culturelles et sportives font de Saint Laurent du Maroni une ville ”d’Art et d’Histoire” où il fait bon vivre, et où les visiteurs séjournent avec plaisir.

Dans ce contexte, Saint Laurent du Maroni affirme son identité nouvelle. Forte de son histoire, elle relève le défi du XXIème siècle de vivre une citoyenneté inter - culturelle pour tracer un avenir meilleur pour l’ensemble de ses communautés.

Blason de la ville:

Ancien:
Haut gauche: La balance: symbole de la justice
Haut droit: La grille et les insignes des porte-clés: symbole du bagne
Bas droit: La coupe d'un tronc d'arbre: symbole de la forêt guyanaise
Bas gauche: Les marsouins avec l'ancre: symbole du corps des troupes de marine

Au centre: Une salamandre sur un grill au dessus d'un brasier ardent symbolise le martyre de Saint Laurent, Saint patron de la commune.

La devise: "Peu me chaut, rien ne me cuid" ( Peu m'importe, rien ne me dit)

Vendredi 30 Avril 2004
Document office du tourisme

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