Saint-Laurent du Maroni

La muraille de Platabroki


La muraille de Platabroki
L’histoire nous a légué maints souvenirs : la muraille de Jéricho, les murs de Babylone, la Grande muraille de Chine, la muraille d’Hadrien.
J’en oublie probablement.
Nous voici aujourd’hui confrontés à la muraille de Platabroki, dressée sur les bords du fleuve Maroni en face d’Albina, petite ville frontière du Surinam.
C’est une muraille de conteneurs, hideuse masse de ferraille lépreuse qui n’a rien d’une curiosité touristique.
Les Romains avaient érigé la muraille d’Hadrien pour se protéger des incursions des Calédoniens.
Qui sont aujourd’hui les Calédoniens que nous craignons et qui nous contraignent à dresser un monument d’une laideur aussi repoussante ?

La muraille de Platabroki
De mauvaises langues insinuent que ce mur de conteneurs n’a pas qu’un pouvoir dissuasif. Il est destiné, disent-elles, à suppléer l’impuissance des autorités officielles à faire régner la discipline et l’ordre républicains sous l’équateur.
Il sert également (se substituant aux instances défaillantes) à rappeler les règles du civisme le plus élémentaire à ceux qui ont fait du lieu dit Platabroki une zone de non-droit.
Zone de non-droit au nom, bien entendu, des Droits de l’homme et d’une conception tout à fait singulière de la Démocratie.
Zone de non-droit ignorant superbement les obligations de la pratique sociale et où les personnels de la Gendarmerie et de la Police nationale sont interdits d’intervention sous peine de lynchage.
En effet, au moindre contrôle effectué, c’est l’encerclement ethnique, l’attroupement agressif qui ne demande qu’à se transformer en émeute.

La muraille de Platabroki
On peut s’interroger : sommes-nous à Platabroki en territoire guyanais ou surinamais ? Ou pourquoi pas en territoire guyano-surinamais ou surinamo-guyanais ? Il faudrait en décider.
Une suggestion : pour nous mettre définitivement à l’abri de toute menace, installer une muraille ininterrompue sur la rive droite du fleuve Maroni, de l’embouchure à la source.
Nous serions encore bien loin de la miraculeuse prouesse des 5000 km de la Grande muraille de Chine.
La construction d’un tel ouvrage (et son entretien) créeraient des emplois de façon durable ou…pérenne comme on dit dans les bureaux d’étude.
Mais que faire pour protéger les devantures des magasins des commerçants chinois assiégées en permanence par les envahissantes vendeuses à brouette ? Les marchandises dont elles font commerce à la barbe de tout le monde sont-elles régulièrement importées et taxées ?

La muraille de Platabroki
Quelles trompettes soufflées par quels nouveaux Hébreux feront tomber la muraille de Platabroki ?
En cas de chute, par quoi remplacer cette monstruosité avant qu’elle ne devienne un lieu de putrescence ?
Par une zone franche ? véritablement franche ? rigoureusement franche ? administrativement franche ? réglementairement franche ? frontalièrement franche ?
Cela mérite-t-il réflexion ?
8 Mars 2005 - écrit par A. BOUYER d'ANGOMA


              

Commentaires

1.Posté par Lobison le 13/03/2005 13:44
C'est un joli commentaire que vous avez fait là mais je tiens juste à préciser que la Guyane est EN DESSUS de l'Equateur.

2.Posté par basile le 20/03/2005 20:35
Cher Lobison, je pense qu'il faudrait mieux réserver ce positionnement sur/sous à des repèrages à l'échelle humaine: par exemple "la France du haut, la France du bas". La planète est dans l'espace et bien malin celui qui dira si elle tourne à l'endroit ou à l'envers, et si il y a une partie supérieure et une partie inférieure. Qui a décidé de placer le pôle Nord en haut des cartes? Je n'étais pas là, mais je suis à peu près certain que ce n'est pas un originaire de l'hémisphère Sud. Habitant à Saint Laurent du Maroni moi-même, c'est surtout vers midi que cette expression "sous l'équateur" me parait bien choisie. Amicalement.

3.Posté par PAULE le 21/03/2005 09:13
Je n'en reviens pas je me promenais sur le site et tout à coup cet article m'attaqua .
Est ce la meilleure solution je pense qu'en prenant l'argent investi pour la construction du casino on pourrait créer des structures adaptées, la commune, la région,la douane ne réfléchient-elles pas ? (faites des études de terrain, permettant de construire pour l'avenir)
Ne sommes nous pas tous des hommes? Les frontières sont présentes, nous pouvons et devons vivre avec elles. J'aimerai savoir si le flux d'hommes s'est arretée?
A savoir il s'agit de la partie visible mais le fleuve est long et la muraille pas assez.

4.Posté par DEPLANQUE JOEL le 29/03/2005 19:41
Encore une fois un grand bravo à M. BOUYER et à sa plume!
Guyanais, oubliez le créole et le français ! Apprenez vite le sranantongo et le brésilien... Container ou pas, votre pays est en coupe réglée et vous êtes déjà en minorité chez vous. Un grand merci à la France défigurée, engluée dans ses droits de l'homme et ses zones de non-droit ! Un grand bravo à la passivité face à un tsunami de pillards se gavant sur un océan d'indifférence !

Nouveau commentaire :
Twitter




Les annonces

Vente (36)

Divers (26)

Immobilier (29)


Dernières annonces postées



Facebook


Partager ce site
Suivez-nous
Facebook
Twitter
Google+
Instagram
LinkedIn
Vimeo
YouTube