Saint-Laurent du Maroni

Pierre TINAUT, la force tranquille des courts.

Homme plutôt discret, Pierre TINAUT, est un joueur bien connu des habitués des courts. Après avoir pratiqué le basket-ball pendant de nombreuses années, il est arrivé au tennis et n’en est plus jamais sorti. Autodidacte mais véritable « mordu » de cette discipline, il a travaillé et progressé jusqu’aux titres de Champion de Guyane et Champion Antilles-Guyane dans sa catégorie. Interrogé par le 97320.com, il revient sur son parcours et sur les débuts de l’ère moderne de cette discipline dans la commune.


Pierre TINAUT, la force tranquille des courts.
Bonjour, je suis TINAUT Pierre. Je suis né à St-Laurent le 25 mai 1957, je suis marié et j’ai 2 enfants. Je suis employé au service municipal des sports.

Tu as un passé sportif bien rempli, quels sports as-tu pratiqués ?
J’ai pratiqué un peu toutes les disciplines, j’ai fait un peu de foot, mais je me blessais un peu trop souvent, donc mon sport favori était le basket. Du basket je suis passé au volley en compétition et dernier sport, le tennis. Le tennis est venu complètement après : un jour il y avait un tirage au sort et je participais, mais personne ne m’avait vu. Lorsqu’ils ont annoncé mon nom, tout le monde voulait jouer contre moi car ils étaient sûrs de gagner, du coup je suis reparti chez moi et toute la soirée j’ai réfléchi. A partir de là, je suis me suis entraîné sérieusement, et au fur et à mesure, j’ai commencé à les battre, l’un après l’autre, ce n’est que par le travail que l’on réussit.

Peux-tu nous parler de l’équipe de basket des années 1980, qui participait au championnat de Guyane ?

Au départ il y avait l’AS, ensuite il y a eu la création du Maroni avec monsieur Baghoa. De là, ils ont décidé de monter une section de basket et avec l’aide de madame Polumar, on a monté un club. J’étais son trésorier adjoint, et c’est ainsi que cela s’est monté ; on partait tous les samedis pratiquer notre sport favori qui était le basket. Et c’est vrai, l’organisation, ce n’était pas comme maintenant, on part maintenant dans de meilleures conditions. Dans le temps, on prenait un taxi, une voiture, on avait les jambes coupées et on arrivait juste à l’heure du match. Et assez souvent, le temps que les muscles se mettent à travailler normalement, pendant toute la première mi-temps, on n’avait aucune réussite. Une année, on a fini le championnat 2ème. Et le match que l’on ne devait pas perdre, c’était contre la Perle Noire, une équipe qui était moyenne, et comme par hasard ce jour là, on n’a eu aucune réussite ! Au contraire, on s’est énervé entre nous, et on a perdu ce match, qui fait qu’on a perdu le championnat et c’est le sport Guyanais qui l’a gagné. Sur un match ça c’est joué et au goal à virage aussi, car on avait le même nombre de matchs perdus.

Pierre TINAUT, la force tranquille des courts.
Que penses tu aujourd’hui des mésaventures du COSMA?
Mésaventures si on peut dire, bon il y a le foot qui marche en ce moment quand même. Au niveau du basket, c’est vrai il y a eu un moment où il y avait beaucoup de jeunes, ça marchait assez bien. Avec Paul Ho-Kon-Tiat, il y avait des jeunes comme Alan, Marcius, qui est le président actuel, et les autres ; ils avaient une très bonne équipe, et le gymnase était toujours plein ! Je crois qu’ils ont eu une histoire entre jeunes, et ça a explosé… Certains se sont retirés et il a fallu former d’autres jeunes, mais c’était un peu plus difficile, car eux, à l’époque, ils avaient une cohésion. Il y a un manque, car le jeune ne se met pas en bonne condition, ils pratiquent un sport collectif, mais j’ai l’impression parfois qu’ils parlent comme si c’était un sport individuel : ils ne parlent que d’eux, ils ne parlent pas d’équipe, c’est là le problème, lorsque tu es dans un sport collectif c’est l’ensemble qui compte, c’est un peu dommage.

Qu’est-ce que tu penses de la mauvaise entente Cayenne - St-Laurent au niveau sportif ?
Entre Cayenne et St-Laurent, ça a toujours été un problème ! C’est vrai, c’est la capitale, on va rencontrer ce problème-là un peu partout, même aux Antilles. Dans la capitale, on se prend pour les plus beaux, les plus forts, alors ils n’acceptent pas qu’une commune comme St-Laurent, pourtant c’est la deuxième ville, soit au même niveau, sportif ou intellectuel ! Au niveau de l’administration sportive, on a essayé dans toutes les ligues de mettre des annexes sur St-Laurent, jusqu’à maintenant, je crois que le COSMA Football est en train de discuter sur la possibilité de faire des districts. Tant qu’il n’y aura pas ça, on aura toujours des problèmes avec les ligues au niveau de l’administration, car ils veulent tout gérer.


Le Reste du Monde
Le Reste du Monde
Tu as également joué au football ?
J’ai joué un peu, je jouais au départ dans la section jeune en compétition mais pas en sénior. Plus tard, j’étais au « Reste du Monde » dans le tournoi corpo. C’est le football, qui a créé cette association, on était un petit groupe qui s’amusait, et on s’est rendu compte, que tous on jouait au ballon. Il y avait toujours des tournois sur St-Laurent dans le temps, et on s’est dit que pour légaliser les choses, on allait créer une association. C’est au stade René Long, que s’est tenue la première réunion, et après on est venu au gymnase pour une deuxième réunion et c’est comme cela que c’est parti. C’était l’esprit de s’amuser en faisant du sport, il fallait intégrer le sport là-dedans. On arrivait à s’en tirer assez souvent, il n’y a pas un tournoi où on ne soit pas arrivé en finale. Par contre, nous étions assez souvent les perdant de la finale.

Quels ont été tes plus grands succès au tennis ?
J’ai été Champion de Guyane en troisième et quatrième série, en catégorie jeune champion de Guyane et Champion Antilles/Guyane. C’est vrai que pour le tennis, on était dans de bonnes conditions. On avait bien étudié tout cela : la meilleure des choses était de toujours partir la veille, de façon à pouvoir récupérer et bien jouer. Du coup, on avait des résultats, parce qu’on s’était rendu compte que sortir de la voiture après des heures de route pour aller jouer au tennis, ça n’était pas possible.
Je participais à des tournois à Cayenne et j’étais le seul de St-Laurent ; je prenais ma voiture et j’y allais, sans aucune aide. J’allais aussi dans les formations seul puisque ça m’intéressait, pour pouvoir former les jeunes.

Pierre TINAUT, la force tranquille des courts.
A l’époque où tu as commencé, le tennis était-il une discipline très pratiquée à St-Laurent ?
Non, au départ, il y avait un vieux court, c’était le sport des « Blancs », c’était pas donné à tout le monde de se le permettre. Il y a eu la construction des courts, et il y a eu un travail sur les jeunes, parce que l’école de tennis marchait très bien. Il n’y avait pas d’autres écoles, à part football avec monsieur Baghoa, dans toutes les autres disciplines il n’y avait rien, si bien qu’une année, on a eu 164 licenciés, on était le club ayant le plus de licenciés, le club numéro un à St-Laurent !

Comment le tennis est-il né à St-Laurent ?
Il est né avec des gens de l’extérieur, il y avait les fils Royer qui jouaient entre eux. Ils ont créé un Club car il n’y en avait pas et ont mis en place un bureau, de façon à participer au championnat par équipe. Cela s’appelait le « Tennis Club de St-Laurent », ensuite c’est devenu le COSMA.

Aujourd’hui, peux-tu dresser un état des lieux de cette discipline à St-Laurent ?
C’est une discipline qui marchait encore il y a deux ou trois ans de cela, il y avait des résultats avec les jeunes. Je me suis toujours occupé des jeunes pendant plus de 10 ans mais il y a trois ans, une nouvelle équipe s’est mise en place et ils nous ont fait comprendre gentiment qu’il fallait laisser ça. Et c’est dommage maintenant, lorsque l’on voit qu’on n’a pas de jeunes, qu’on n’a personne pour les « encadrer ». On aura deux courts, et j’espère que ces deux cours vont remotiver les gens.
On recommence à jouer en ce moment, mais c’est malheureux de voir qu’on vous fait comprendre que vous êtes trop vieux, qu’il faut vous mettre sur le coté. Pourtant je le dis, dans toutes les disciplines à St-Laurent, à chaque fois qu’on a enlevé les anciens qui ont, eux, l’amour du sport qu’ils pratiquent, ça a fini par un échec. On arrive, on les lâche mais il n’y a personne qui reprend, tu vois le club marcher un an et après c’est fini, parce qu’ils n’ont pas cet amour que nous avons. A l’école de football avec monsieur Baghoa, ils étaient à 90 ou 100 sur un terrain de foot, et ça je ne l’ai jamais revu à St-Laurent.

Pierre TINAUT, la force tranquille des courts.
Quel sport pratiques-tu maintenant ?
Je joue au tennis mais c’est vrai que j’ai délaissé un peu, je ne joue que pour l’entretien du corps, pour m’amuser. J’ai un peu délaissé le sport, et là je me rends compte que je prend du « bide », donc j’ai repris ma discipline avec les copains qui jouaient auparavant, on s’est retrouvé, et on s’est dit qu’on allait jouer deux à trois fois dans la semaine.

Dans le domaine sportif quel à été pour toi ta plus belle performance ?
Tout confondu, il y a eu le titre de Champion de Guyane. Mais c’est plutôt lors des tournois, comme le tournoi de Suzini, de St-Laurent car c’était un grand tournoi, qu’on arrivait à tirer les meilleurs classés. En fait, c’est vraiment le championnat de Guyane car ce n’était pas évident. Il fallait toujours partir la veille, je prenais mes congés pour y aller. Se mettre dans les conditions de match, préparation, hygiène, je mettais tous les moyens, et à la fin, lorsqu’ on est arrivé au bout, à la finale, c’est super, tu ne l’as pas fait pour rien, tu as bien géré. Je n’avais personne pour me conseiller, alors je bouquinais et je cherchais le moyen d’être performant.

Est-ce que tu as un regret aujourd’hui ?
Le regret que j’ai, c’est par rapport aux jeunes, lorsque je vois les courts vides.

Quel souhait voudrais-tu formuler pour la ville de St-Laurent ?
C’est la solidarité, j’ai l’impression qu’on ne s’aime plus à St-Laurent, et ça c’est un peu malheureux. Auparavant, il y avait une solidarité, même à l’extérieur de chez nous, un St-laurentais était fier d’être St-laurentais ! Maintenant, c’est un peu dommage, j’ai l’impression qu’on ne s’aime plus.
12 Avril 2005 - écrit par Rédaction


              

Commentaires

1.Posté par jy le 12/04/2005 23:01
Bien parlé le frère,le manque de solidarité se fait vraiment ressentir
maintenant,c'est chacun pour soi.
Espérons qu'avec le temps cela changera.
Tchimbé rede pa moli

2.Posté par laury le 13/04/2005 03:23
Super l'interview, il manque juste le prénom des joueurs de Foot, je suppose que le 7ème joueur ne veut pas se faire connaitre, c'est pourquoi il a omis de mettre une légende. J'espère qu'il va y remédier rapidement. D'avance merci.

3.Posté par betty le 14/04/2005 04:34
Bien souvent, même étant proche, on ne connait pas tout d'une personne. Bravo Pierrot pour tous les titres rapportés et tous les efforts faits pour promotionner les jeunes. Quant à la photo de foot, belle trouvaille ! vous êtes bien jeunes ! Encouragement pour la continuité pour l'équipe 97320.com

4.Posté par Morgane le 23/04/2005 12:03
bonjour a tous!!
pierre ma entrainée un an dans ce club et c'est vrai qu'aprés on ne le voyait presque plus! je voulait juste dir qu'on le regret beaucoup, il est vrement gentil et c'est un bon prof de tennis! en tout cas bonne continuation! et bravo pour cet interview!

au revoir ! a bientot peu etre ! bisous

5.Posté par alain le 13/03/2008 18:25
bonjour,
je viens juste d'avoir internet evidement je vais tout de suite à st laurent ou j'ai tres bien connu le tennis de st laurent début de la belle histoire 1980

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