Saint-Laurent du Maroni

Jean-Joseph JEUNE : 'Essayons de vivre ensemble'.

Originaire d'Haïti, Jean-Joseph JEUNE est arrivé à Cayenne en juin de l'année 1976 et s'est installé à St-Laurent quelques mois plus tard. Aujourd'hui, après 29 ans passés dans la Sous-Préfecture où sont nés 5 de ses 6 enfants, il est, à 51 ans, à la tête d'une petite société de marchandises et présente l'exemple même d'une intégration réussie.


Jean-Joseph JEUNE : 'Essayons de vivre ensemble'.
Bonjour, je me présente : JEUNE Jean-Joseph, je suis originaire d’Haïti, je suis né le 13 mars 1954 à Cabaret, j’ai donc 51 ans. Je suis marié, j’ai 6 enfants, dont 5 avec ma femme, 3 garçons et 3 filles.

Quelle est ton activité professionnelle ?
Depuis 1993, je suis transporteur de marchandises entre Saint-Laurent et Cayenne, je livre les magasins et j’assure des déménagements

Depuis quelle année vis-tu en Guyane ?
Je suis en Guyane depuis le 8 octobre 1976.
Lorsque je suis sorti d’Haïti ma première destination a été la Martinique en juin 1976, mais je n’aimais pas trop les conditions dans lesquelles je vivais et comme j’avais un frère déjà Guyane, je suis venu le rejoindre.

Jean-Joseph JEUNE : 'Essayons de vivre ensemble'.
Pourquoi as-tu quitté ton pays ?
Haïti, comme tout le monde le sait a beaucoup de difficultés politiques ; les jeunes n’avaient droit à la parole, j’ai eu un dégoût du pays et c’est pour cela que je suis parti. Je me suis dis que j’irais chercher ma vie autre part mais dans l’idée de revenir, et lorsque je suis arrivé en Guyane, j’ai fait venir ma femme, j’ai eu mes enfants qui sont tous nés à St-Laurent, sauf le plus grand, et depuis je n’ai pas bougé. Je me suis rendu compte que si je repartais ailleurs, j’aurais eu à tout recommencer, même en Haïti, je ne connais plus personne de ma génération et je me sentirais comme un étranger.

Comment as-tu vécu ton départ d’Haïti ?
Quitter Haïti était une obligation pour moi.

Comment s’est passée ton adaptation à la vie guyanaise?
Lorsque je suis arrivé, j’étais à Cayenne où j’ai fait un an et c’est un ami qui m’a conseillé de rentrer à Saint-Laurent, vu qu’il était seul, et depuis je n’ai pas bougé. Je me considère comme un saint-laurentain maintenant.

Jean-Joseph JEUNE : 'Essayons de vivre ensemble'.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi ?
En fait, il n’y avait rien de difficile pour moi, je faisais de petits boulots un peu partout, je me suis senti chez moi, je suis arrivé quelque part où j’ai trouvé des gens avec qui parler le créole comme si j’étais en Haïti, mais je me suis senti plus à l’aise que si j’étais resté là-bas.

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays ?
Oh, beaucoup de choses mais il y en a beaucoup trop qui ne vont pas dans le pays, surtout le fait qu’il n’y ait pas de travail.

Gardes-tu des liens avec Haïti ? Y vas-tu régulièrement ?
Oui, j’ai des parents là-bas avec qui je suis souvent en contact et quand je peux, je vais les voir.

Jean-Joseph JEUNE : 'Essayons de vivre ensemble'.
Quelle est ton opinion sur la difficulté d’Haïti d’arriver à une réelle stabilité politique ?
Personnellement, je crois que ce sera difficile de tout stabiliser, je ne comprends pas les Haïtiens, là-bas, la vie politique est vraiment difficile.

A propos de la communauté haïtienne à St-Laurent, peux-tu dire qu’elle est solidaire ?
Dans certains points oui mais dans d’autres ils se déchirent entre eux.
Entre Haïtiens, c’est lorsqu’il y a certains problèmes qu’on est solidaire mais je pense qu’en réalité, un Haïtien n’aime pas voir un autre réussir, mais ça c’est le défaut du nègre.

Aurais-tu un message à adresser à tous les st-laurentains ?
Essayons de vivre ensemble parce que nous sommes arrivés dans un pays où la vie est un peu difficile et que chacun comprenne l’autre, qu’il soit Guyanais ou Haïtien et évite les affrontements. Il est arrivé qu’un Haïtien se soit considéré plus guyanais qu’un autre, ce qui a provoqué des conflits. Cela ne me plait pas et quand je me trouve au milieu, j’essaye de calmer les choses

26 Avril 2005 - écrit par Rédaction


              

Commentaires

1.Posté par amateur le 26/04/2005 17:43
super mes je ne vois pas coqs

2.Posté par Eric LEON le 27/04/2005 02:51
Bjr, effectivement il n'a pas souhaité en parler.

3.Posté par Laury le 26/05/2005 20:27
Salut voisin, j'espère que ton message sera entendu, personnellement je trouve que tu es un exemple concrèt d'intégration. Je ne crois pas que intégration, veut dire forcément devenir riche dans le pays d'accueil,même si tu l'es peut être (rire) il suffit juste de se fondre dans la masse et c'est que tu as fait, car tu es la discrétion même. Bon courage à toi et te fatigue pas trop, car ton métier n'est pas des plus facile.

4.Posté par robinson le 06/06/2005 11:15
salut mon tres cher jojo( ici paris ) juste pour te féliciter de ce beau reportage sur toi , je contaste que tu as toujour ton grand sourire et surtout la forme physique . Voici des nouvelles qui me rechauffe la coeur .Je trouve ton integration a du bon pour la communautée Haitienne qui tu le sais m'avait pas tous les eloges des guyanais , mais ctu as su faire ta place dans ce monde, ou la vie n'est pas un long fleuve tranquille encore bravo. COQUIELETTE qui t'embrasse et surtout ta femme et tes anfants qui sont bien bien grands maintenant (une pensée pour Jean- yves VILLIER) a tres bientot j'éspere que ce message t'arrivera

5.Posté par Betty le 29/06/2005 05:21
Bonsoir Mr JO !
Félicitations pour cette intégration réussie et surtout pour le message que tu envoies à tes compatriotes mais qui nous concerne tous en effet. Avec quelques autres qui se sont intégrés comme toi sans grand bruit, je vous félicite.Ta famille n'est pas oubliée. Par contre (pour rire) le combat coqs gênait lors de la prière chez les soeurs le dimanche ahahahahah.

6.Posté par Cathy le 18/09/2005 12:11
Bonjour,

Ayant vécue 10 ans en Guyane, je n'ai pas eu a constater de réel problème d'intégration chez l'Haïtien. Ils n'ont jamais été mêlés à de sordide affaire. Pour moi, ils représentent un exemple d'intégration.

7.Posté par Devine ??? le 17/11/2005 11:47
Salut l'homme de ma vie, je suis une fan de toi, depuis ton arrivée en Guyane, et je suis très très contente de te voir sur le web. Bonne continuation et si jamais tu passes ici pense à moi. Sinon vois ta commère à St laurent. De passage à Paris, elle t'embrasse également. Ti ménag ou

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